Dire la vérité aux jeunes
D'abord par la Gauche qui se jette sur l'opportunité de mobiliser les plus malléables au mépris de tout esprit de responsabilité puis par la droite qui se recroqueville dans ses peurs.
Bien sûr il ne faut pas nier que Villepin s'y est pris comme un manche en éludant le dialogue préparatoire avec les représentants syndicaux et les partis de l'opposition. C'est au cours de ce dialogue qu'il aurait été possible de sensibiliser l'opinion aux enjeux qui sont derrière le CPE ou le CNE et qu'elle est parfaitement capable de comprendre, mais surtout de contraindre les syndicats et les partis d'opposition à se prononcer, et soit à dévoiler leur populisme, leur clientélisme, donc se déconsidérer, soit d'ouvrir la porte à des réformes absolument inéluctables même si elles seront douloureuses.
Ne nous y trompons pas, il est nul besoin d'être un grand économiste ou démographe ou initié pour comprendre que la pyramide des ages et la marche du monde précipitent la faillite annoncée depuis longtemps de notre système social. Surendetté notre pays ne pourra contenir le raz de marée qui anéantira notre trop fameux "modèle social".
Abandonnons les fausses bonnes idées qui vont de la condamnation de l'immigration au partage du travail en passant par le développement durable. Nous nous sommes placé dans une impasse dont nous ne sortirons qu'en appliquant aux jeunes générations les mesures qui auraient du être appliquées depuis les années 70 lorsque les enfants du babyboom sont arrivés sur le marché du travail et qu'il fallait profiter des "Trente Glorieuses"
On ne peut pas toucher aux "avantages acquis" mais on peut ne les considérer comme acquis justement que pour ceux qui les ont acquis.
Cela semble parfaitement injuste mais c'est trop tard: le mal est déjà fait nos enfants sont à la tête ... d'un monceau de dettes! Le système social français fondé sur la notion de répartition est inéxorable de ce point de vue.
Pourquoi ne focalise t'on pas les discussions (disputes?) sur ce problème là qui, de fait, est à la racine des difficultés telles qu'elles se présentent aujourd'hui?
Oui, il faut dire à nos jeunes que leur avenir est fait de leur investissement personnel dans leur job, qu'ils ne peuvent exiger quoique ce soit d'un employeur dont la fonction n'est absolument pas de garantir un emploi mais qui en revanche ne peut prospérer sans de bons employés.
Il faut dire à nos jeunes que leur liberté est dans la fluidité de l'emploi et non le contraire car c'est de cette fluidité qu'ils retireront leur force: monsieur patron, vous ne m'offrez pas la même chose que votre voisin alors: Ciao! Et quelle peut être alors la réaction du patron? Contrairement à ce que l'on dit, sa première réaction sera de se trouver bien emmerdé car il perdra beaucoup dans la plupart des cas: l'investissement en formation initiale, en intégration de son employé, en compétences que ce dernier aura développées dans l'entreprise et qui partiront "gratuitement" chez le concurrent.
Voilà ce qu'il faut dire aux jeunes et non pas s'évertuer à défendre un CPE en tentant de montrer qu'il ne change rien voire qu'il est plus conservateur que la situation qu'il veut réformer.




Commentaires
enfin un bol d'air sous la chappe de béton
www.mentonnais.org
merci