Aux "droits de l'hommistes" sélectifs!
Depuis un mois ou plus Robert Mesnard a trusté les écrans de TV et l'ensemble des médias pour éructer sa colère contre la Chine et soutenir une insurrection au Tibet dont je ne veux pas mettre en doute le bien-fondé mais qui -reconnaissons-le - a éclaté opportunément. Il a fait bien des dégâts sans que l'on puisse anticiper qu'ils en vaillent la peine.
Mais quel silence assourdissant alors que de sanguinaires tyrans du Myanmar ( soutenus par la Chine) refusent l'aide internationale pour leur peuple victime d'une effroyable tornade. On évalue les morts à plus d'une centaine de milles, on ne chiffre même pas les victimes blessées, les personnes qui ont tout perdu. Ce pays est l'un des plus pauvre au monde alors que les militaires qui le tiennent en coupe réglée s'enrichissent de l'exploitation de ses ressources naturelles bien réelles. Bref on est en face de l'Horreur : le refus de voir ces pauvres gens secourus. Réalisons que seuls les membres d'origine asiatique des ONG ont pu obtenir des visas! Ce n'est pas du racisme ça?
Certes il n'est pas convenable de faire des classements dans la souffrance et l'horreur, mais le drame birman ne vaudrait-il pas que l'on fasse encore plus de bruit que pour le Tibet? Alors que font Mesnard et ses acolytes? Ont-ils épuisé toute leur énergie revendicatrice dans l'opération médiatique autour de la flamme olympique?
Profitons-en pour redevenir sérieux et gérer nos émotions. La catastrophe birmane et son triste cortège d'ignominies et d'indicibles souffrances nous révolte, alors nous voudrions tellement nous délivrer des émotions qui nous étreignent en "faisant quelque chose". Pourtant soyons lucides: à titre individuel et dans l'instant nous ne pouvons presque rien pour ce drame en lui-même et cela nous frustre.
Mais de grâce,ne rajoutons surtout pas nos criailleries désordonnées et trop souvent mal documentées aux déchirantes lamentations de ceux qui souffrent vraiment. Soyons exigeants vis à vis de ceux qu' à travers notre système démocratique nous avons chargé de ce type de problème. Donnons leur acte que la diplomatie est une discipline complexe dont l'efficacité est généralement proportionnelle à la discrétion, donnons leur acte que ses effets sont lents, parfois invisibles à l'oeil nu mais généralement bien réels ( en positif ou malheureusement en négatif). C'est dans l'urne que nous pouvons être efficaces. Sauf que le plus souvent aucun événement de l'ampleur du drame birman actuel ne vient peser sur notre choix au moment de le faire. Du coup nous ne mesurons jamais assez rigoureusement la portée de notre vote. C'est cela être responsable. Ce n'est sûrement pas de vociférer au risque pour soi d'un coup de gaz lacrymogène au maximum et pour les autres de mesures de rétorsions insupportables au minimum. Sachons faire entendre notre voix là où elle sera efficace et évitons de la casser dans les indignations médiatiques qui ne servent que leurs auteurs. Certes on peut et doit protester mais vers la bonne cible.




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