Vive la crise 2
J'écrivais sur le sujet il y a quatre jours en me posant la question de savoir ce que feraient les Etats-Unis pour éteindre l'incendie allumé par les financiers sorciers.
Nous le savons maintenant et je trouve les mesures prises par le Trésor américain plutôt opportunes.
1/ Il n' a pas laissé AIG faire faillite pour cantonner le problème dans les limites du domaine où il était né: les crédits pourris immobiliers. Bien sûr AIG n'est pas innocent dans l'ampleur prise par la crise puisque ce groupe a participé à la "bonification" de ces titres pourris. ll y aurait du reste beaucoup à dire sur la culpabilité des assureurs et des agences de notation qui sont à mettre dans le même panier que les financiers mais je ne m'étendrai pas sur ce sujet aujourd'hui. Mais au point où on en était c'est une bonne chose.
2/ Il propose de placer tous les actifs liés à l'immobilier dans une structure ad hoc et de se donner le temps de les remettre dans le marché au fur et à mesure de la capacité de celui-ci à les absorber. En fait l'opération va couter extrêmement cher au contribuable américain ( entre 500 et 1.000 milliards de dollars d'après Henri Paulson le directeur du Trésor américain), mais ce coût est à relativiser car ces actifs qui n'ont aucune valeur aujourd'hui en auront sûrement une demain - rappelons-nous en France l'affaire d'Executive Life qui a fait la fortune de Franços Pinaud.Donc cela me semble également une bonne mesure.
3/ Les organismes financiers qui verront leur bilan assaini par ces mesures n'en sortent pas quitte pour autant. Leur valeur boursière va rester un moment suffisamment basse pour que de grandes opérations de fusion aient lieu. Dans ces manoeuvres un grand nombre des têtes d'oeuf qui sont reponsables de la panique actuelle feront leurs cartons et iront sévir ailleurs. Je ne suis pas sûr que tous auront le talent de rebondir comme l'a fait Michael Milken; pour dire vrai j'espère même que la plupart ne feront plus jamais parler d'eux. Ce sera dur pour beaucoup des complices volontaires ou non de ce qu'il faut bien qualifier d'arnaque et c'est bien ainsi. Cela ne m'arrache aucune larme car ils ont eu le temps d'assurer leurs arrières et peuvent dans le pays de la libre entreprise se reconvertir rapidement.
4/ Je n'ose pas penser aux fortunes qui sont en train de se faire chez ceux qui jouent sur la volatilité. Vous rendez-vous compte que des gens ont gagné de 10 à 25% en un jour (aujourd'hui) sur les titres aussi "aventureux" que BNPParibas (+ 18,25% ce jour!) ou Dexia (+25,92%!).
5/ Est-ce que tout est fini? Sûrement pas! Il faut maintenant que les régulateurs prennent les mesures qui consolideront les barrages élevés dans l'urgence. Or le diable habite dans les détails.
Mais il est drôle de lire les journaux avec 24 heures de retard! Il est très édifiant d'écouter les "spécialistes" de tout acabit pérorer à la télévision et faire les doctes! Aucun n'a fait preuve de sang-froid ces derniers jours, aucun n'avait vraiment alerté les populations lorsqu'il en était temps! Aucun n'avait anticipé la mesure du Tésor US pourtant pas si originale que ça puisqu'elle avait déjà été utilisée pour sauver les Caisses d'Epargne américaine il y a quelques années.
Allez restons sur nos conseils d'il y a quatre ou cinq jours: on ne met pas son fric en bourse si on en a besoin sans préavis de plusieurs années. Et on vend quand on a quelque chose d'intéressant à faire mais ni au son du clairon ni au son du canon!




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