Les Thomas Diafoirus de la Crise
La sortie de la crise financière est en vue. Je dis bien la sortie, je ne dis pas le règlement de la crise.
Comme on pouvait s'en douter vu la gravité de la situation, les gouvernements s'activent pour éviter ce que la population toute entière craint le plus: un effondrement du système financier.
Après tout cela semble normal: nos gouvernants sont théoriquement élus pour "gérer la cité". Mais moi cela m'inquiète encore plus que s'ils n'avaient rien fait. Certes dans le court terme on peut raisonnablement espérer que l'incendie soit éteint par les déversements par les Banques Centrales de montants phénoménaux de liquidités sur les marchés. On peut même espérer que les Etats-Unis acceptent de gager les impôts des Américains pour racheter les créances aujourd'hui pourries de leurs banques. Parfait! Après tout ce sont eux qui ont fichu le bazar en prêtant inconsidéremment à des emprunteurs insolvables.
Oui mais il y a un énorme mais. Comme à chaque fois qu'on traverse une période dramatique des voix s'élèvent pour crier "plus jamais ça"! Et chacun, qui n'avait pas bougé le petit doigt lorsqu'il en était encore temps, de faire sa proposition pour réglementer, réguler, contraindre, encadrer, réformer, moraliser. Et c'est là que je deviens extrêmement perplexe.
Comment alors qu'ils n'ont rien vu venir peuvent-ils prétendre trouver les solutions pour que cela n'arrive plus? Je ne lui en veux pas personnellement mais Dominique Strauss-Khan, patron du FMI par la grâce de la malignité politique de Nicolas Sarkozy, déclare qu'il veut réformer les marchés . Bonne idée! Mais à part cette déclaration que dit-il? Pas grand chose. Mais il en va de même de tous les ténors politiques du monde entier. Enfin pas tout à fait, les politiques américains plus pragmatiques, se bornent pour l'instant à mettre en place les mesures d'urgence indispensables. Nicolas Sarkozy, que je trouve plutôt pas mal dans son activisme politique voit grand et propose également des mesures "de fond" de type dirigiste et voudrait replacer les gouvernements au centre du monde financier.
Sauf que , toute révérence gardée, je ne crois pas un instant que ces messieurs qui s'attaquent au problème soient les mieux placés pour faire ce qu'ils proposent. Peu d'entre eux comprennent comment fonctionnent les marchés, peu d'entre eux seraient capables d'expliquer ce qu'est un produit dérivé, pire: peu de leurs conseillers le savent. N'oublions pas que les grands patrons des banques de financement, des "hedge funds, des salles de trading auraient parfaitement pu faire carrière dans la politique mais ont préféré la finance parce qu'elle rapportait plus gros et parce qu'ils ont bien compris que le vrai pouvoir était là et pas dans les ministères. Beaucoup d'entre eux manipulent quotidiennement des sommes beaucoup plus importantes que les budgets de nombre d'États de moyenne importance.Il faut une cuillère à long manche pour dîner avec le diable! Sans compter que les marchés sont mondiaux alors que les mesures ne pourront au mieux qu'être inter-étatiques. Il y aura toujours une Irlande, un état des Etats-Unis pour ne pas avoir la même législation que les autres... Et ne parlons pas des délais pour se mettre d'accord et ni de ceux pour mettre en place les mesures, on y sera encore dans dix ans! Bref je ne crois pas que des mesures administratives puissent être prises. Voilà pourquoi je pense que les solutions qui devraient être proposées à la crise actuelle devraient ne pas empêcher la faillite des banques qui en sont responsables. Il y a des moyens pour faire en sorte qu'elles disparaissent sans pour autant faire sauter tout le système. Une sorte de liquidation. Cela devrait être possible. Puisque le gouvernement américain accepte de prendre à sa charge leurs actifs pourris et donc que ce qui reste est "sain",on trouvera toujours un acheteur qui acceptera de le payer son prix de marché. Ce qui sera perdu représentera la valeur ajoutée s'il y en a une qui serait revenue aux actionnaires sous forme de dividende ou de plus-value de cession. Normal qu'elle soit perdue.
En effet si on règlemente mais que l'on laisse dans le jeu ceux qui ont mal joué c'est triché! (Non pas Jean-Claude!) Et cela ne servira à rien car les tricheurs revendront à la première occasion d'autant plus agressifs qu'ils n'auront pas été punis. Finalement c'est ça normalement la "loi du marché": les mauvais joueurs doivent disparaitre. Au poker quand vous avez perdu votre tapis vous partez point barre.
Bon j'dis ça , j'dis rien!




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