Les bonus des traders
Bien que tout le monde soit en vacances, la décision de BNPParibas de provisionner un gros milliard d'euros pour distribuer des bonus à ses traders en fin d'année fait beaucoup de bruit.
La semaine passée on n'avait entendu que quelques bruissements à l'annonce des 33 milliards versés par les banques de Wall Street en 2008 à leurs pauvres petits traders qui depuis demandent l'anonymat de peur de se faire lyncher.
Deux remarques préliminaires:
1/BNPParibas redevient très bénéficiaire alors que les banques américaines ont perdu en 2008 près de 80 milliards de $ ce qui ne les a pas empêché de verser 33 milliards de $ à leurs pauvres traders qui depuis demandent l'anonymat de peur de se faire lyncher. Le métier de trader est effectivement un métier à risques!!!
2/Je lis les commentaires des internautes sur le sujet et je remarque que la liberté d'expression de tout un chacun conduit à la dictature de l'émotion sur l'opinion et à l'énoncé de bêtises qui fabriquent cette opinion. Mais c'est une autre histoire....
Pour en revenir à mon sujet de l'instant, je dois dire que je suis, moi aussi, assez remonté contre les banquiers. La raison de mon ire est relativement simple à expliquer.
L'une des raisons des opérations bénéficiaires des traders est qu'ils peuvent prendre des risques faramineux grâce à la solidité des établissements pour lesquels ils travaillent. Or cette solidité n'est assurée que par la diversité des opérations qu'abritent les banques et tout particulièrement des dépôts qu'elles reçoivent des clients; vous et moi qui n'avont d'autres choix que d'avoir un compte en banque pour vivre normalement.Or je l'ai écrit plusieurs fois ici, cette situation est la source des dérèglements que nous observons et qui mettent nos économies (au sens patrimonial comme au sens général) périodiquement au bord du précipice.
Il y a une mesure simplissime à mettre en place pour régler le problème: remettre en force le Glass-Steagle Act . Certes il conviendrait de lui faire subir une petite toilette pour le débarasser des imperfections qui ont conduit à son abrogation, mais il est impératif de séparer à nouveau les activités de banques "classiques" (Corporate Banking) et celles de banque "d'investissement".
Ainsi les traders continueraient d'opérer sur les marchés financiers et de recevoir leurs bonus sans en avoir honte (quoique!) et les fondamentaux de l'économie n'en seraient que faiblement impactés. Mais bien mieux: on pourrait laisser leurs business tomber en faillite sans déclencher une crise économique mondiale; ils auraient ainsi la juste sanction du marché qu'ils vénèrent tant.
Bon alors Messieurs Obama, Sarkozy et consorts, quand vous mettez-vous au travail? N'oubliez pas les moments d'affolement auxquels vous avez du faire face (en la perdant!) en début d'année et montrez que l'expression "puissance publique" a encore un sens.
Je sais bien que la plupart de ceux qui vous entourent n'y comprennent rien ( voir la réponse de Monsieur Estrosi à RMC ce matin reprise dans l'article du Point) mais je vous assure qu'il y a à New York ou Paris des gens capables de mettre en place une telle mesure. Ecoutez, si j'osais je vous dirais que je suis prêt à sortir de mon agréable retraite pour vous expliquer tout ça et sans même vous demander plus qu'un bonus de trader moyen!




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