L'urgence c'est la pédagogie!

Je suis atterré par le manque de culture économique de mes concitoyens. Non pas tant que je me hausserais du col et les contemplerais avec suffisance, mais parce que je trouve criminel pour notre société de ne pas utiliser les moyens de communication qui n’ont jamais été si nombreux et efficaces pour l’instruire du minimum de connaissances qui lui permettraient d’affronter efficacement les moments économiquement délicats que nous traversons.

Certes il faut du talent pour construire des émissions de télévision, de radio, pour rédiger des articles qui apprendraient les rudiments du système économique dans lequel nous vivons sans lasser les foules. Mais il faut aussi et surtout une volonté politique d’airain. Je crains que ceux qui sont concernés n’aient ni l’un ni l’autre, et de cela j’en rage.

 

Pourtant je vous fiche mon billet que les bénéfices qu’en retireraient à la fois nos politiques et nos faiseurs d’opinion seraient historiques. Bien sûr il s’agit d’un investissement à long terme que les sondages d’opinion et les calculs d’audience ne valideraient pas, eux qui ne mesurent qu’à court terme, mais c’est de fait, le seul véritable moyen pour justifier et faire adhérer aux changements permanents auxquels nous devons faire face. J’emploie à dessein cette expression plutôt que celle galvaudée de réforme, car ce mot fourre-tout me semble inapproprié et même trompeur : la vie est une réforme permanente, pas un instant de la notre n’est identique au précédent, comment voudrions-nous qu’il en soit autrement dans notre société qui n’est qu’une addition de nos individualités.

 

Prenons un exemple précis.

La croissance n’est pas au rendez-vous, les gourous internationaux de Greenspan à DSK crient au feu, notre Président ne sait plus comment faire pour qu’on ne l’accuse pas de ne pas tenir d’imprudentes promesses, l’opposition s’oppose sans proposer, tous les mécontentements se disent tout haut…, franchement, on se croirait au café du commerce ! Alors on convoque pêle-mêle la crise de 29, le spectre de l’inflation, les noirs desseins des spéculateurs, les perversités du capitalisme, le péril économique jaune que l’on mélange allègrement avec des débats de société pas plus actuels qu’injustifiés au demeurant. Pourtant ne serait-il pas plus efficace d’expliquer ce qui se passe avec le calme de l’analyste et la sérénité du responsable ?

Or par exemple nous ne sommes pas dans la configuration de 1929. Les analyses de l’OCDE  que l’on peut qualifier de réalistes, montrent que l’outil économique continue de fonctionner correctement et si besoin était il suffirait de s’intéresser aux résultats des grands groupes mondiaux pour écarter le spectre de 29. En revanche le système financier est « à la ramasse » parce qu’il ne joue plus son rôle depuis une dizaine d’années et s’est mis à jouer au casino. Wall Street est devenu Las Vegas. Les sommes en jeu sont considérables et sans commune mesure avec ce que l’on a connu jusqu’à présent mais il est depuis bien longtemps devenu « too big to fail » et s’il le faut les États le sauveront. Oui cela se fera sur le dos des contribuables, oui la croissance va s’en ressentir pour un, deux ans, peut-être plus et les plus démunis vont trinquer. En cela on est effectivement dans la situation sociale de 29, mais économiquement non. Or cela implique des mesures spécifiques au traitement social de la situation et non pas économique. La purge du système financier va se ressentir dans une contraction du crédit, mais est-ce le mal absolu ? On va devoir revenir à une régulation plus stricte des activités des banques, et alors ? Qui se souvient encore du gouffre dans lequel était tombé le Crédit Lyonnais ? Les contribuables ont payé ! Certes c'est immoral, douloureux, injuste, mais est-ce donc si essentiel de regretter ce « bon vieux temps » ?

 

Seulement voilà, expliquer tous les mécanismes qui entrent en jeu dans ces phénomènes ne fait pas partie de l’agenda des politiques et des animateurs du cirque médiatique : trop ennuyeux et pour être encore plus clair:  impossible, car ils n’ont pas les connaissances nécessaires, je suis convaincu qu’une large majorité d’entre eux ne comprend même pas ce qui se passe vraiment et en tout cas serait incapable de l'expliquer clairement et de façon documentée.

Sauf que ce travail de pédagogie que j’appelle de mes vœux serait une avancée sociale majeure qui mobiliserait les énergies de nos concitoyens dans le bon sens et non pas dans la paranoïa destructrice qui nous envahi. Allez Monsieur le Président, vous qui prenez des initiatives tonitruantes parfois, prenez celle de décréter la culture économique comme Grande Cause Nationale. Vous subirez pendant quelques temps les quolibets des journaleux incultes et affolés de leur incompétence, vous prendrez une volée de bois vert d’une opposition prise à contrepied qui a tout intérêt à laisser le bon peuple dans l’ignorance pour mieux le manipuler, mais vous inscrirez votre nom dans l’Histoire de France comme celui qui a eu le courage d’apprendre aux français à conjurer leurs peurs par le savoir.

Le feu à la limite de Castellar et Menton

Hier en milieu d'après-midi les sirènes des pompiers étaient plus nombreuses que d'habitude. Levant le nez de mon ordinateur j'ai vu du côté des Granges de Saint-Paul une épaisse fumée qui n'avait rien à voir a priori avec celles des feux que l'on allume en ce moment pour nettoyer nos campagnes.

J'ai pris mon petit appareil photo et suis allé au Pilon, puis sur la route vers Menton vous pouvez voir le résultat ici

Nous ne dirons jamais assez merci à tous ceux qui se mobilisent dans ces moments-là et bien entendu d'abord aux pompiers et aux membres castellarois du CCCFF.

Cet après-midi je suis revenu sur les lieux. Des pompiers exténués m'ont confirmé que everything is alright now!

Pourvu que le paysage de ce lieu féérique n'ait pas trop souffert!

Par ailleurs, je suis désolé mais la qualité du visionage par Youtube est assez mauvaise, en tout cas beaucoup plus mauvaise que l'original que j'ai transmis.... J'essayerai de faire mieux la prochaine fois!

La nouvelle municipalité de Castellar

Rendons-nous à l’évidence les scores obtenus par les candidats de l’équipe d’Huguette Layet ne souffrent aucune contestation : une moyenne de 72% des suffrages. On peut même dire qu’alors qu’un petit vent frisquet souffle sur la politique au niveau national, c’est un plébiscite.

La première remarque que je ferai est bien que la réputation de village divisé qui a trop longtemps collé à l’image de Castellar n’est plus qu’un lointain souvenir.

La seconde est que l’équipe a été entièrement renouvelée à l’exception bien sûr de la Maire et d’Hervé Leonet qui, patelin, tout en rondeur, avec une feinte modestie, un humour bonhomme et une authentique gentillesse (72, 92% !) a su se faire aimer. Les nouveaux auront à faire leurs preuves ; la maire n’a pas ménagé ses efforts pour défendre « son » équipe, allant jusqu’à dire pendant sa campagne que « c’était toute l’équipe ou rien ». Le vote des castellarois montre qu’elle a été entendue.

Le challenge est réel, car le village peut devenir le leader des villages du Mentonnais, il en a les moyens : des finances saines, une situation enviable à proximité de Menton et de l’axe vers Sospel qui devient l’un des dégagements naturels de la ville, une démographie assez bien mélangée, une école dynamique, une bonne dose de pittoresque, un attrait certain pour les amoureux de la randonnée, une histoire riche, de véritables traditions ..., mais aussi de nombreux problèmes à affronter : des seniors à accompagner dans leur recherche de quiétude et d’assistance, des jeunes à ne pas laisser à eux-mêmes et à accompagner dans leur épanouissement, des retraités « actifs » qui aimeraient trouver un peu de culture et des sujets d’engagement, des commerçants trop peu nombreux pour que se crée un marché local minimum nécessaire à leur survie, des actifs qui travaillent à Menton ou Monaco et veulent profiter de leur résidence à Castellar pour vivre autrement que dans un dortoir, trouver le juste équilibre entre le développement des villas des quartiers excentrés et la rénovation du centre du village que guette la gangrène des retapages de bric et de broc et l’étouffement par les voitures en stationnement sauvage …. La nouvelle équipe a été élue sur un programme qui promet de prendre en compte toutes ces questions et d’autres encore, elle a du pain sur la planche !

Mais ne ménageons pas notre confiance et notre soutien : la Maire est une femme de conviction, d’action et qui a le sens du bien commun. Son discours d’installation est en grande partie disponible là, suivi de la nomination d'un des adjoints.

Allez tous au travail et nous, castellarois de base, tâchons de contribuer

Le boeuf de David et Carlos

Comme je le promettais hier soir, voici le clip tourné chez "Le Ménestrel". (Il est possible que vous n'ayez pas d'image du clip en cliquant sur le lien, pas de problème cliquez sur la flèche au milieu et ça démarre!)

Et en prime une jolie photo de Sabine Marzé que l'on ne distingue pas trop dans les clips;

Enjoy!

Sabine Marzé en concert à St Pierre de Castellar

Samedi 1er Mars, "notre" mandoliniste Sabine Marzé - j'écris "notre" parce qu'elle est originaire de Castellar où résident ses parents -, Premier Prix du concours International d'Osaka l'an dernier, a invité le Quatuor Pro Musica, composé de professeurs au Conservatoire départemental, comme elle, à donner un concert dans l'église de Castellar.

Il faisait encore frisquet mais l'assistance était nombreuse à avoir délaissé la petite lucarne pour profiter de quelque chose somme toute assez exceptionnel.

Oui, on prétend qu'à Paris, à Nice, à Monaco c'est plus facile d'aller au concert; c'est vrai si on ne regarde que l'offre de spectacles. Mais ici s’ils sont beaucoup moins nombreux ils sont faciles d’accès ! Pas de contrainte de métro, juste quelques dizaines de mètres à pied après avoir laissé sa voiture un peu n'importe où (le parking est un problème à Castellar mais un problème à l'échelle d'un village pas d'une grosse agglomération). Et puis pas besoin de réservation, pas même besoin de payer ... (Soutien du Conseil Général? Celui de la Mairie? Ou tout simplement la gentillesse des artistes plus intéressés à jouer qu'à faire fortune?).

Le quatuor a tout d'abord donné une pièce de Christophe Mauro. Très intéressante: un quatuor en Mi mineur avec de splendides lignes mélodiques. Un peu surprenant et enthousiasmant pour moi qui, béotien, m'attendait un peu dubitatif à des dissonances intellectuelles de la part d'un compositeur contemporain. Tout au contraire il nous a été proposé une œuvre pleine de lignes mélodiques, toute en émotions romantiques comme dans une peinture de l'école française du XIXème. A noter un emploi souligné des pizzicati qui rendaient les évocations encore plus légères. Malheureusement assez mal placé au début du concert je n'ai pas pu enregistrer quoi que ce soit.

En revanche je vous livre mes hésitantes captations des morceaux suivants qui étaient tous des concerti pour mandoline.

Un allegro pour commencer que vous pouvez entendre en cliquant sur ce lien. Je vous demande une certaine indulgence car je ne suis pas encore familier de l’exercice.

On a eu ensuite le concerto en ré majeur de Vivaldi que vous allez immédiatement reconnaître tant il est célèbre. J’en ai enregistré deux mouvements.

Pour écouter le premier c'est ici.

Le second c'est là.

Je regrette de n’avoir pas enregistré le concerto en si mineur d’Arno Stark qui a suivi car il était excellent et la mandoline brillantissime.

Je me suis rattrapé avec un morceau bonus : un duo mandoline violoncelle

Ensuite, gagné par une petite fringale nous sommes allés dîner à la pizzeria « Le Ménestrel » un endroit simple et chaleureux qui ne refuse jamais de vous servir même à des heures où le village est désert. Les pizzas y sont superbes et David propose en général un plat simple mais bien cuisiné « comme à la maison ». Hier soir, bonne surprise, les musiciens sont venus s’y restaurer et nous avons eu droit à un petit « bœuf » offert par l’un des violonistes et David, le patron, qui joue de la guitare. (1)

Elle est pas belle la vie?

(1). Il faut beaucoup de temps pour charger ces vidéos sur YouTube, environ 1/2 heure et je n'ai pas eu le temps de charger ce clip-là, je compte le faire dans les jours qui viennent alors pensez à revisiter blogbosteur; le boeuf chez David vaut le coup d'oreille!

Les relations empoisonnées de la presse et des politiques

Les rapports entre la presse, le pouvoir et l’opinion me donnent, particulièrement depuis la dernière élection du Président de la République, l’impression de ces écheveaux qui se forment lorsqu’à la pêche au gros on a remonté précipitamment sa ligne, bredouille ou pas du reste mais là n’est pas la question.

Lorsque j’avais le bonheur de pratiquer ce sport, j’étais reconnu pour ma capacité à les démêler : il faut de la patience, de bons yeux, un certain doigté et une conviction simple : il y a bien deux bouts à l’affaire.

Posons le problème avec la plus grande simplicité possible. La presse accuse le président de l’utiliser, de l’instrumentaliser. Le Président et ses thuriféraires, sans l’attaquer vraiment de front  (sauf ces jours derniers au sujet d’un certain SMS), accusent la presse de se complaire dans les ragots, les rumeurs et la déformation de la réalité et de ne pas remplir correctement sa mission qui est de livrer des informations vérifiées en laissant au lecteur le soin de les apprécier. Le lecteur, lui, absorbe tout cela à travers le filtre de ses convictions ou tout simplement de ses penchants du moment, tenant pour vrai, tour à tour, ce que lui dit la presse ou bien ce qu’il croit être les intentions des uns ou de l’autre. Si l’on rajoute que chacun à son tour joue le rôle de l’offensé et de l’accusateur et que l’opinion donne plus de crédit à ce qu’elle veut croire qu’à ce qu’elle lit ou entend vraiment, voilà comment se forme l’écheveau.

Quelques exemples pour illustrer le propos. La presse accuse le Président de mettre en scène sa vie privée pour masquer les difficultés qu’il affronte pour gouverner le pays ; le Président dénonce la presse qui ne s’intéresse qu’à sa vie privée et pas suffisamment à l’avancée des réformes qu’il a lancées et qui doivent sortir le pays de la crise. La presse dit que s’il va en Guyane ou à Grandange c’est pour masquer des sondages de popularité calamiteux, et lui trouve que l’on ne parle pas suffisamment de ce qu’il fait en Guyane ou pour la sidérurgie.  L’opinion, elle, passe la dispute au filtre de ses envies de croire l’un ou l’autre. Ce filtrage est extrêmement clair à constater pour peu que l’on écoute les émissions de radio où les auditeurs peuvent appeler pour donner leur point de vue : même en tenant compte d’une sélection opérée par les gestionnaires de ces émissions on constate que les interventions ne sont qu’une chambre d’écho amplifiant et déformant de l’information brute avec autant de parti pris pour une thèse et son contraire.

Lorsqu’il y a écheveau  il y a deux bouts écrivions-nous au début, mais si l’on veut le démêler il ne sert à rien de tirer sur l’un ou  sur l’autre : il faut au préalable alléger les contraintes qui constituent les nœuds.

Parmi ces contraintes l’une me paraît essentielle : la forme sous laquelle est délivrée l’information. En effet cette forme est belle et bien le matraquage. Écoutez par exemple les journaux du matin sur les grandes radios, vous remarquerez qu’il s’agit de petits bulletins de dix minutes environ qui proclament de trois à cinq titres maximum sur une durée totale de deux à trois heures et qui sont répétés de façon quasiment identique quatre à cinq fois. Comme si cela ne suffisait pas on fait appel à des chroniqueurs ou des « spécialistes » qui traitent évidemment l’un des titres en question et la parole est donnée aux auditeurs sur le thème choisi comme phare. C’est bien cela que l’on appelle le matraquage. La méthode est identique à la télévision et dans la presse écrite qui ne trouve son originalité d’un journal à l’autre que par plus ou moins d’esprit dans son titre de une ; idem pour les hebdomadaires.

La seconde contrainte est le rythme que les rédactions veulent donner à leurs journaux de peur que l’auditeur, le téléspectateur et, dans une moindre mesure, le lecteur ne se détourne du média pour aller sur un autre. Cette contrainte se traduit par un terrible appauvrissement de l’information délivrée ; à croire que l’on apprend dans les écoles de journalisme  que la façon d’interrompre ! Fogiel, Apathie, Elkabbach sont les champions du genre mais ils sont talonnés de près !

Ce matraquage et ce rythme ne permettent pas à l’opinion de faire fonctionner tous ses filtres de façon efficace et l’empêchent de se livrer à sa propre analyse ne lui laissant plus que le choix de la réaction.

Cette seconde contrainte est d’autant plus perverse qu’elle prive l’opinion de ce qui lui fait le plus défaut : une information complète par laquelle elle pourra apprendre et comprendre et ensuite se forger une opinion personnelle. C’est la meilleure façon de l’entretenir dans la soumission.
 

La troisième contrainte est celle des utilisateurs du système. Maîtriser l’information est une ambition qui semble de plus en plus à la portée des hommes politiques, certains comme le Président sont tenus pour des experts en la matière. Sauf qu’à cause des contraintes exposées plus haut, on ne convainc plus, on ne fait plus passer durablement des idées ; l’une est balayée le lendemain par la suivante et ceux qui la reçoivent réagissent plutôt que réfléchissent si bien qu’ils deviennent plus que versatiles : volatils. Ils brûlent aujourd’hui l’idole d’hier qu’ils adoreront à nouveau demain.

 

Alors vie publique, vie privée, responsabilité de la presse, volatilité de l’opinion, il faut trouver une nouvelle façon de s’exprimer probablement plus pédagogique. Il faut reconstruire un nouveau domaine pour l’information qui ne fonctionne pas sur les modèles du divertissement. C’est un problème éminemment économique bien sûr et les difficultés du Monde, de Libé, même du Figaro sont là pour nous le prouver. Tant que les journalistes les plus en vue auront besoin de faire des chroniques dans des émissions de divertissement, tant que les médias d’information feront appel à des chroniqueurs qui ne sont même pas journalistes pour la plus part (je pense à des Carlier par exemple), l’écheveau restera bien emmêlé.

Un WiFi municipal à Castellar, (après?) demain le WiMax?

J'ai testé la semaine dernière une connexion Wifi  sur la place de la Mairie: ça marche très bien!  Certes j'avais un peu froid , assis sur l'un des bancs  de  la place, mais je me suis connecté, j'ai surfé dans d'excellentes conditions de débit .  Rendons à César ce qui appartient à Mikablog qui a signalé (avec une certaine emphase pré-électorale !) ce nouvel équipement bien avant moi, et pour cause, car je me suis laissé dire que c'est lui qui a installé l'équipement.

En tout cas bravo! Mais pourquoi diable la municipalité n'a t-elle pas fait plus de publicité à son initiative? Bien sûr cette "borne" WiFi n'apporte pas le haut débit à tous ceux qui dans le village sont mal situés par rapport au répartiteur de France Télécom, bien sûr il faut se rendre sur la place du village pour se connecter, mais cette installation est un symbole très encourageant de la modernité de la municipalité. Ne négligeons pas le fait qu'après tout c'est un service gratuit; en effet pas besoin de souscrire un abonnement pour se connecter à Internet: il suffit d'aller sur la place de la Mairie! Je prends en compte le fait qu'il faut disposer d'un PC portable et d'une bonne batterie ce qui n'est pas rien j'en conviens, mais il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain.

Je sais par ailleurs que la municipalité se préoccupe déjà de ce que pourrait être un équipement Wimax qui, lui, arroserait tout le village et un large périmètre alentour. Il y a du chemin à faire car les licences et le déploiement de cette technique sont encore balbutiants, mais pourquoi ne pas tenter d'être parmi les premiers après avoir été parmi les derniers (la faute à France Télécom et pas à la municipalité: j'ai été témoin de ses démarches constantes et insistantes) pour l'ADSL. Ce serait à la fois un joli coup de pub et en même temps un service susceptible de faire venir dans le village tel ou tel jeune entrepreneur sur Internet mais aussi de proposer de nombreux services gratuits aux jeunes et au moins jeunes du village (collaboration sur des projets d'intérêt général, services de surveillances et d'appels d'urgence, réunions virtuelles, jeux en ligne, etc....).

Demain la Fête de l'Olive nous permettra de nous connecter avec notre passé ce qui est très bien, connectons-nous aussi avec notre futur ce qui est essentiel également.

Du nouveau au sujet du soldat Kerviel

J’écrivais avant-hier que « je suis convaincu que Jérôme Kerviel paye une facture qu’il n’est pas le seul à avoir souscrite ». Peu sinon pas d’informations étaient parues au moment où j’écrivais ces mots. Depuis on en sait un peu plus  (je dois ce lien à un fidèle ami Vincent-Paul Toccoli qui tient également un blog qui mérite souvent le détour).

Qu’apprend-on dans cet article apparemment parfaitement informé? Ce qu’est la vie quotidienne des traders : toujours à la chasse de « lignes » autrement dit d’autorisations de leurs responsables pour engager des fonds. Que leur appréciation  - et leurs énormes bonus - dépend de leur « Profit & Loss » lequel est décortiqué presque quotidiennement. Que la surveillance de leurs écritures de contrepartie est loin d’être parfaite. Je rajouterais volontiers que le back office qui est chargé de vérifier ces écritures est souvent coincé entre la rigueur qu’exige la règle et la nécessité de ne pas faire obstacle à l’accumulation de profit, donc coincé entre une partie de la hiérarchie qui est sensée « veiller au grain »  - généralement peu considérée parce que moins brillante – et une autre chargée de développer le business – les golden boys – respectée et enviée à cause de leurs bonus à faire rêver même un Président de la République Française !

Je fais amende honorable d’une accusation, semble t’il sans fondement, dans mon billet d’avant-hier  par laquelle j’instillais le soupçon d’une cellule ad hoc créée pour récupérer les pertes de la SocGen sur les « subprimes ». Rien dans les déclarations de Jérôme Kerviel ne vient étayer cette hypothèse. Et pourtant je reste persuadé que ses responsables et leurs propres supérieurs hiérarchiques étaient … , disons…, nerveux en fin d’année. Tous savaient que le résultat de la SocGen serait lourdement affecté par les provisions à passer sur les « subprimes » et que s’ils voulaient avoir leurs bonus fallait générer des profits ailleurs. Cela explique que les tolérances, indispensables dans ce métier et que pratiquent toutes les banques, sont devenues plus grandes, que les contrôles ont été effectués moins scrupuleusement, qu’on a du renvoyer les gens du back office à leurs contrôles plus souvent avec des explications douteuses dont ils n’étaient eux-mêmes pas dupes. Mais tant que ça gagne, on rejoue !

Ces considérations me confirment dans l’idée que c’est toute une chaine de commandement qui est impliquée dans l’affaire et le maillon le plus haut au premier chef. Daniel Bouton ne suivait pas les opérations de marché au jour le jour, mais c’est lui qui impulse la politique de management et à ce titre il est à mon avis responsable de la perte. D’autant plus responsable que le dénouement des positions a été fait en catastrophe et que cette décision-là il l’a avalisée.

Je serai partisan qu’il partage ses indemnités de licenciement avec Jérôme Kerviel dont la carrière et l’équilibre psychologique sont brisés à tout jamais.

Il ne va pas faire très bon dans les salles de marché du monde entier pendant quelques temps ! Il faudra assurer les profits mais ne pas franchir les lignes blanches qui ont déjà du être repeintes de frais ! Sans compter les sauveurs de victoires qui vont en rajouter plusieurs couches trouvant là un bon moyen d’évacuer le fiel de leur frustration de n’avoir jamais été dans les plus gros bonus !  

Eléments de décodage de la crise boursière de Janvier 2008

J’en rage même si je sais que cela ne sert à rien mais la semaine dernière j’avais écrit un long (comme le plus souvent) billet sur la crise des marchés financiers. Il contenait – sans que je puisse évidemment le savoir – tous les ingrédients qui, DE MON POINT DE VUE, ont probablement épicé la sauce au piment de Cayenne (espérons que le trader en cause n’y sera pas envoyé) que l’on a renversée sur l’affaire de la Société Générale (dont je traiterai dans le prochain billet). Un petit génie des montagnes m’a fait commettre une erreur de débutant qui a effacé ce texte.

Mais revenons sur ce que j’écrivais. En gros je disais que les secousses qui affolent les marchés n’avaient que peu à voir avec la situation économique mondiale. Certes on craint une récession aux États-Unis, mais cette situation n’est pas franchement inédite souvenons-nous de l’avant et de l’après « 9/11 » moins d’un an après on n’en parlait plus. Certes le baril a franchi les 100$ ; mais il est actuellement autour de 88/90$ le baril (tiens au fait messieurs les pompistes faudrait voir à réagir !). Certes, certes… Ah mais bien sûr ! Les « subprimes » ! Voilà les coupables !

Eh bien au risque de passer pour un cuistre, je prétends que les causes profondes de la crise des marchés des premiers jours de 2008 prennent leurs racines dans deux dogmes beaucoup plus anciens et qui ont été édictés dans un louable souci de prudence pour le premier (mais on le sait : l’enfer est pavé de bonnes intentions si l’on en croit le proverbe dont l’origine est attribuée à Saint Bernard comme le savent tous les castellarois) et un souci moins louable de rentabilité pour le second.

Le premier dogme est celui du Ratio Cooke consécutif aux premiers accords de Bâle ; il a été renforcé par le ratio McDonough lors de Bâle II . Ces ratios ont pour effet entre autres de déterminer la quantité nécessaire de fonds propres qu’une banque doit posséder lorsqu’elle consent tel ou tel crédit.

Le second dogme est celui du retour sur investissement (RSI en français ROI en anglais) « cible » de 15% sur la fixation duquel je n’ai jamais trouvé de justification scientifiquement étayée et qui est pourtant le motif d’un nombre incalculable de décisions de management.

Point n’est besoin d’avoir fait HEC pour comprendre le lien entre les deux : chaque fois qu’une banque fait une opération, elle doit pour satisfaire ses actionnaires réaliser un RSI de 15% minimum.

Comme c’est relativement difficile pour bon nombre d’opérations courantes il faut impérativement trouver les moyens de faire plus sur d’autres. Et c’est là que je mêle mon expérience personnelle seule justification de ce que j’écris.

J’ai dirigé de nombreuses succursales ou filiales d’une grande banque d’affaires. Au début de ma carrière j’étais un besogneux, le nez toujours enfoui dans des bilans et surtout des comptes d’exploitation et lorsque je le levais c’était pour visiter des fabriques de yaourts, des élevages de poussins d’un jour, des usines de siège pour auto, de réacteurs d’avion, de téléviseurs et même des chantiers naval gigantesques… Pour consentir un crédit ou faire une opération sophistiquée ça demandait donc beaucoup de temps. Un jour j’ai vu débarquer un jeune polytechnicien accompagné d’un ingénieur télécom qui m’ont montré un papier de la direction me demandant de leur trouver un bureau (si possible aussi prestigieux que le mien !!!) dans des locaux par ailleurs exigus  et du jour au lendemain ils m’ont expliqué comment on allait s’y prendre.

On a commencé à revendre à nos confrères moins courageux ou moins actifs des parties de crédit que nous avions consentis moyennant commission ; ils étaient ravis d’avoir de quoi se mettre sous la dent sans grand effort commercial et nous nous engrangions une commission qui ne consommait pas de fonds propres (voir plus haut). Ce marché s’est développé très rapidement si bien qu’on a fini par avoir tous plus ou moins les mêmes clients.

Quelques temps après les successeurs de deux têtes d’œuf sont venus avec des idées nouvelles : on allait vendre « au marché » nos crédits. Ce fût une période assez agréable. Le travail consistait à faire la publicité de nos clients auprès des investisseurs : voyages à l’étranger, grands hôtels pour ce que l’on appelait les roadshows. Et hop ! Des commissions « d’arrangeurs » – qui rappelons-le ne consomment pas de fonds propres –

Puis ce fut le nec plus ultra : la titrisation : on rassemblait tous nos crédits de même nature (et de toutes natures, hypothécaires, auto, à la consommation même !) on faisait la fortune des cabinets d’avocats d’affaires qui nous ficelaient de beaux contrats, et hop dans le marché !

Bref le jeu ( sic) n’a plus consisté qu’à engranger des crédits pour le refiler au plus vite à plus courageux mais surtout plus avides encore que nous.

Car c’est là qu’entre en jeu le second dogme : RSI toujours supérieur à 15% ! Sans cela point d’acquéreur ! Mais pour atteindre cette sacro-sainte cible il fallait des emprunteurs décidés à payer cher le crédit initial. Les meilleures entreprises s’étaient désendettées entre temps alors on est allé à la chasse aux crédits de plus en plus risqués et on a découvert l’idée selon laquelle beaucoup de petits crédits risqués étaient moins dangereux qu’un seul gros crédit de bonne tenue. Voilà comment on en est arrivé aux « subprimes ».

Je vous ferai grâce de toutes les sophistications qui ont pu germer dans la tête de matheux qui n’ont jamais rencontré un véritable emprunteur, car ces messieurs s’échangent le produit de leurs élucubrations surtout entre eux. Dérivés, arbitrage, hedging, (moi, en maths ça m’a toujours barbé !).

Et voilà pourquoi vos économies se sont (momentanément, je croise les doigts) volatilisées !

Ne soyez pas tellement inquiets : les entreprises annoncent leurs résultats de 2007 à la chaine : tous sont bons, certains excellents … L’économie réelle ne va pas si mal qu’on le croit, les cours remonteront sous peu, on oubliera les menaces de récession dans 6 mois.

Les placements boursiers doivent se regarder avec un sacré recul!

Petit rappel de "nétiquette"

Vous l’aurez constaté, il y a dans ce blog beaucoup de comptes-rendus de la vie castellaroise. A l’origine ce blog était plutôt destiné à communiquer avec mes proches sur mes humeurs, opinions, centres d’intérêt du moment. Au fil du temps et de la confirmation de mon installation définitive à Castellar il s’est trouvé que j’ai pris du plaisir à raconter ce qui se passe dans le village. Mes billets sont les expressions du plaisir que j’éprouve à vivre accroché très haut dans ce lieu magique que je guignais depuis ma tendre enfance et, de celui de me sentir de mieux en mieux intégré dans la communauté castellaroise au fil du temps. Une démarche donc très personnelle ! Avec l’arrivée de l’ADSL dans le village (pour laquelle je me suis bien battu !) mon blog est de plus en plus lu par ceux que la vie d’ici intéresse ou de simples curieux qui naviguent sur le web, ce qui est une satisfaction.

Mais je voudrais être très clair en ces temps d’ouverture de la campagne pour les municipales : je ne roule pour personne même si j'ai mon opinion et que je ferai évidemment mon choix. Nonobstant je ne m’interdis rien y compris, si et seulement si je le juge approprié, de publier mon opinion. En conséquence je demande à ceux qui me font le plaisir de laisser des commentaires sur certains de mes billets de conserver l’esprit de ces billets et de s’abstenir de commentaires qui contiendraient des prises de position explicites ou implicites dans cette élection en s'appuyant sur ce que j'écris. Je me sens libre d’écrire ce que je pense et de ne pas accueillir des commentaires que je jugerais tendancieux. Il n’y a dans cette position aucune attitude discriminatoire ni esprit de censure car la fabrication d’un blog est un jeu d’enfant donc ceux qui souhaitent s’exprimer sur le village peuvent faire comme moi : créer un blog et y écrire leurs opinions.

Voilà ! Conservons des espaces de candeur, des endroits où on parle aussi des trains qui arrivent à l’heure, où le plaisir est simple même s’il n’est pas naïf. Acceptons que ces pages soient comme les chemins de randonnée en évitant d’y laisser des mouchoirs en papier, des bouteilles en plastique ou des cannettes vides.

Notes  1 - 10 /39