Nous avions la droite la plus bête du monde, nous avons aussi la gauche la plus bête de France (palmarès encore moins élogieux !).
Je prends l’exemple du député Cambadelis parce que ses dernières déclarations, hier, à la radio sont débilitantes. Il fait mine de ne pas comprendre que les petites escarmouches de la Sorbonne ne sont le fait que de quelques étudiants qui pensent plus à un avenir politique qu’à leurs études et se sont laissés déborder comme des minots inexpérimentés par des nervis casseurs rompus aux provocations en tous genres. Ce n’est pas un mouvement de fond comme celui de 68 ; et du reste seul, lui, Cambadélis peut se souvenir de 68, tous les autres protagonistes n’ont pas vécu cette période ; lui en est un résidu maintenant planqué dans son fromage de député exploiteur des voix qu’il ne garde que par le clientélisme et les manoeuvres électoralistes de son parti.
Bon ! le pauvre Cambadélis prend ma charge parce que son équipe, dépassée par les événements, ne peut faire bloc et, comme en rugby lorsqu’une équipe est dominée, l’envoie au charbon prendre un « caramel » comme on dit dans ce sport.
Donc il déclare que le mouvement est profond, que le pays tout entier est mobilisé – avec une certaine jubilation totalement déplacée - et surtout se borne à demander au Premier Ministre de retirer son texte sur le Contrat Première Embauche. Pas de contre proposition, pas l’ébauche d’une solution –fût-elle générale et même floue - , rien de tout ça mais une attaque politicienne vide de sens contre le gouvernement plus encore que contre l’acte posé par le gouvernement. Bref du nul de chez nul !
Je ne suis pas favorable ou opposé au CPE, je sais seulement que mon pays a besoin de se ressaisir et vite, et en profondeur parce que nous sommes devenus un arbre mort, rigide, coupé de ses racines. Nous avons besoin de libérer tous les compartiments de notre société et en priorité tout ce qui touche à l’économie. Alors si le CPE peut être un signe dans ce sens appliquons le, s’il est inefficace à l’usage abrogeons-le comme nous devrions le faire séance tenante pour les 35 heures, mais surtout n’en appelons pas à des souvenirs jaunis, qui n’ont été qu’une crise d’urticaire sociale et que seul le romantisme nimbe d’une aura usurpée. Bien sûr qu’après 68 beaucoup de choses ont bougé, bien sûr que notre société y a gagné mais elle l’aurait fait de toute façon, différemment mais elle l’aurait fait.
Pour conclure, si Cambadélis veut faire appel à l’esprit de 68 qu’il ne s’y trompe pas : si c’est à la liberté qu’il fait appel, la liberté ne se divise pas, et elle est celle des employeurs comme celle des employés. Mais bien sûr ce n’est pas cela qui est dans sa pensée.
Ne parlons pas de la crise de rage de madame Royal qui trépigne et croit avoir le pouvoir de faire sa petite république à elle dans le Poitou-Charente. C’est grossier et de l’ordre de la rodomontade d’une enfant qui fait une grosse colère pour attirer les regards. Pitoyable et irresponsable.
Quand à Chirac, s’il avait un peu de considération pour notre bon pays, il provoquerait des élections présidentielles anticipées en démissionnant et en créant ainsi les conditions d’un choc psychologique salutaire, mais il ne le fera pas.
Nous ne pouvons dire que nos hommes politiques sont mauvais : nous n’avons pas d’hommes politiques en activité seulement des politiciens.
Redonnons sa pace à la Politique.