Aux "droits de l'hommistes" sélectifs!

Depuis un mois ou plus Robert Mesnard a trusté les écrans de TV et l'ensemble des médias pour éructer sa colère contre la Chine et soutenir une insurrection au Tibet dont je ne veux pas mettre en doute le bien-fondé mais qui -reconnaissons-le - a éclaté opportunément. Il a fait bien des dégâts sans que l'on puisse anticiper qu'ils en vaillent la peine.

Mais quel silence assourdissant alors que de sanguinaires tyrans du Myanmar ( soutenus par la Chine) refusent l'aide internationale pour leur peuple victime d'une effroyable tornade. On évalue les morts à plus d'une centaine de milles, on ne chiffre même pas les victimes blessées, les personnes qui ont tout perdu. Ce pays est l'un des plus pauvre au monde alors que les militaires qui le tiennent en coupe réglée s'enrichissent de l'exploitation de ses ressources naturelles bien réelles. Bref on est en face de l'Horreur : le refus de voir ces pauvres gens secourus. Réalisons que seuls les membres d'origine asiatique des ONG ont pu obtenir des visas! Ce n'est pas du racisme ça?

Certes il n'est pas convenable de faire des classements dans la souffrance et l'horreur, mais le drame birman ne vaudrait-il pas que l'on fasse encore plus de bruit que pour le Tibet? Alors que font Mesnard et ses acolytes? Ont-ils épuisé toute leur énergie revendicatrice dans l'opération médiatique autour de la flamme olympique?

Profitons-en pour redevenir sérieux et gérer nos émotions. La catastrophe birmane et son triste cortège d'ignominies et d'indicibles souffrances nous révolte, alors nous voudrions tellement nous délivrer des émotions qui nous étreignent en "faisant quelque chose". Pourtant soyons lucides: à titre individuel et dans l'instant nous ne pouvons presque rien pour ce drame en lui-même et cela nous frustre.

Mais de grâce,ne rajoutons surtout pas nos criailleries désordonnées et trop souvent mal documentées aux déchirantes lamentations de ceux qui souffrent vraiment. Soyons exigeants vis à vis de ceux qu' à travers notre système démocratique nous avons chargé de ce type de problème. Donnons leur acte que la diplomatie est une discipline complexe dont l'efficacité est généralement proportionnelle à la discrétion, donnons leur acte que ses effets sont lents, parfois invisibles à l'oeil nu mais généralement bien réels ( en positif ou malheureusement en négatif). C'est dans l'urne que nous pouvons être efficaces. Sauf que le plus souvent aucun événement de l'ampleur du drame birman actuel ne vient peser sur notre choix au moment de le faire. Du coup nous ne mesurons jamais assez rigoureusement la portée de notre vote. C'est cela être responsable. Ce n'est sûrement pas de vociférer au risque pour soi d'un coup de gaz lacrymogène au maximum et pour les autres de mesures de rétorsions insupportables au minimum. Sachons faire entendre notre voix là où elle sera efficace et évitons de la casser dans les indignations médiatiques qui ne servent que leurs auteurs. Certes on peut et doit protester mais vers la bonne cible.

Sauvons le soldat Jérôme Kerviel

 Comme suite à mon billet précédent, je vais donner mon avis sur l’affaire de la Société Générale. Pourquoi un pauvre type employé par  cette banque est-il sur la sellette ? Je suis convaincu que ce jeune homme (31 ans !) paye une facture qu’il n’est pas le seul à avoir souscrite. Je crois que l’explication est beaucoup plus triviale que cela.

La Société Générale, grosse employeuse de polytechniciens, a (avait) la réputation de plus grande banque mondiale en matière de produits dérivés. Je crois également que les 2 milliards € qu’elle avoue avoir perdus dans les « subprimes » impliquent des engagements considérablement plus importants dont on ne sait pas encore à l'heure actuelle s'il faudra ou non les provisionner. Or presque tout le monde sait que l’explosion de cette bulle était prévue par les initiés depuis le printemps dernier. Comment se refaire avant la publication des comptes 2007? En mettant le paquet sur les autres produits dérivés et en prenant des « risques de marché »   (qu’il est bien plus facile de sortir des ratios Cooke que les crédits « normaux » voir billet précédent).

Bon, mais un malheur n’arrivant jamais seul, les modèles mathématiques utilisés pour « dompter » ces risques sont calés sur des variations potentielles de marché certes importantes mais qui ont été dépassées allégrement ces temps derniers ou tellement rapprochées qu'elles n'étaient que mal prises en compte par ces modèles. Le processus est devenu incontrôlable, tous les parachutes se sont mis en torche : plus la Société Générale vendait pour retrouver de la liquidité, plus elle faisait baisser les cours, plus les modèles mathématiques déclenchaient de nouveaux ordres de vente !

Comment faire pour s’en sortir ? Comme au poker : quitter la table ! Reconnaître que l’on a perdu. Mais là encore reconnaître que l’on a perdu lorsqu’on est N°1 ça peut entrainer d’autres catastrophes, surtout pour les grands dirigeants ! Je crains que dans les réunions de crise ils aient eu hypocritement le souci de l’actionnaire comme refrain n’osant pas avouer que c’était leur peau qui les inquiétait.

En effet que croyez-vous ? Lorsqu’on panique on accumule les erreurs. Je parie sur l’hypothèse suivante :  Jérôme Kerviel faisait partie d’une cellule crée spécialement pour « récupérer » les pertes, cellule que l’on a du monter dans la plus grande discrétion et qui devait agir « en contrebande » de la maison-mère. Mais boom patatras les autorités de marché, les confrères sentent que ça fume quelque part, les « agents spéciaux » prennent peur, alors on reporte la responsabilité sur un lampiste et on l’accuse de fraude, c’est ennuyeux mais moins grave que l’accusation d’incompétence d'une "haute direction"….. 

Je crois me souvenir qu'au moment de la bataille SocGen/BNP pour le contrôle de Paribas, on a dit que ce qui a fait échouer l'option SocGen -pourtant favorisée par le personnel et les marchés - ce fût la bataille personnelle entre Andre Lévy-Lang et Daniel Bouton pour savoir qui serait le chef de l'ensemble.

Vraiment je n'ai aucune information privilégiée et je ne fais qu'élucubrer dans mon petit coin mais mon petit doigt me dit que je ne suis sûrement pas loin de la vérité. 

Haro sur certains journalistes

J’aime beaucoup le métier de journaliste. Du reste c’est ma vocation ratée et mon fils est journaliste envers et contre toutes mes manœuvres – certaines de la plus mauvaise foi - pour l’en dissuader.

Cependant je dois avouer que beaucoup de journalistes déclenchent, tout particulièrement ces jours-ci, chez moi une furieuse envie de leur régler leur compte.

Avant tout il est utile de préciser que je suis conscient de généraliser et qu’il est fort probable que je m’attaque à des personnes qui ne sont journaliste peut-être que de nom ou de fonction mais ne sont pas « les » journalistes ».

Le premier de ces domaines est, on peut s’en douter, la campagne pour les élections présidentielles.

Vous suivez peut-être comme moi attentivement les émissions de télévision et de radio qui font leur choux gras des tables rondes et autres débats entre des journalistes qui sont supposés être des experts de la vie politique. Faute de débats à l’ancienne entre les candidats eux-mêmes on use et abuse de cette formule. Le présupposé de ces débats est que ces journalistes sont « objectifs » même si clairement on rassemble des représentants de diverses sensibilités qu’incarnent chacun des candidats comme si d’entrée de jeu on se méfiait de cette prétendue « objectivité » : premier hiatus. Et on leur propose de débattre sur des sujets qui sont presque toujours les « incidents » de campagne : La visite de Le Pen à Argenteuil, l’annulation de la rencontre de Sarkozy avec des « jeunes de cités » de la banlieue lyonnaise, la poignée de main  de Royal à Hollande plutôt que le baiser comme à Delors, les ralliements à Bayrou ou les désertions des membres supposés naturels de son clan…, la réaction sympathique de Bové à son entartage, et j’en passe…, pour les sept autres. Mais que font nos experts journalistes ? Rapportent-ils des faits vérifiés après croisement de sources diverses comme la déontologie de cette profession le demande ? Non ! Ils pérorent, supputent, extrapolent, jugent avec le ton de ceux qui savent en utilisant la formule du sous-entendu qui voudrait en dire long. Et ils influencent – c’est le plus grave de mon point de vue.

Eux ne craignent pas d’être écartés comme l’a été Alain Duhamel alors même que leur parti pris pue à plein nez. Je ne leur reproche pas leur opinion : chacun a le droit d’en avoir une fût-il journaliste, je leur reproche de prétendre qu’ils la mettent dans leur poche et s’en départissent dès qu’ils sont à l’antenne.

Le second domaine dans lequel je reproche un manque de professionnalisme flagrant aux journalistes concerne l’affaire qui secoue une fois encore la communauté de mon village.

Cette affaire est terrible : un homme est mort assassiné il y a plus de quinze ans et son ou ses assassins n’ont toujours pas été confondus. On doit avoir en premier lieu une immense tristesse et de la compassion pour les deux camps en présence : pour celui des parents de la victime d’abord enfermés à tout jamais dans leur deuil mais aussi pour ceux qui sont accusés peut-être à tort tant que le procès n’aura pas permis de faire éclater la vérité. Sauf que les comptes-rendus des audiences ne se bornent pas à nous relater avec impartialité les échanges dans le prétoire ; il ne s’en publie pas un qui ne fasse aussi à grand renfort d’à peu près,  le procès de toute une communauté et ne s’engouffre dans la facilité de la généralisation de l’opprobre à l’ensemble de la population du village. Là encore comme dans le cas des commentaires autour de l’élection présidentielle, on lit ou entend des phrases émaillées de sous-entendus qui ne se limitent pas à relater des faits et pour cause ! Ce que n’ont pas réussi à établir les gendarmes, les experts, les magistrats instructeurs, la Cour elle-même il y a quelques années, les journalistes ne l’ont pas mieux établi. Alors comme il faut quand même faire une page, on brode, on tente d’éclairer les alentours de l’affaire et tant pis si l’on suppute, si l’on se perd en conjectures et que par ricochet on jette la suspicion là où elle n’a pas à se trouver ; au risque de faire naitre des conflits là où il n’y en a pas ce qui permet de les dénoncer. Cela s’appelle de la manipulation. La seule phrase sensée que j’ai lue sur ce thème adjacent à l’affaire est celle qui remarquait que depuis quinze ans 50% de la population de la commune a été renouvelée.

Je réclame de la mesure, de la pudeur, du respect et aussi du courage : celui de s’attaquer à ceux qui n’ont pas fait leur travail au bon moment. Mais bien sûr il y a dans cette catégorie des gens dont les journalistes ont besoin pour obtenir leurs informations quotidiennes sur le braquage d’un supermarché, sur l’arrestation d’un réseau de proxénètes, sur le cambriolage d’une personnalité de la Baie des anges… alors on a plus de quitte à se draper dans le lieu commun, à élucubrer, à s’autoriser à penser comme le disait Coluche. Cela est aussi vrai des journalistes politiques dont beaucoup ne vivent que des miettes – souvent plus ! – qui tombent des bureaux des politiques qu’ils sont sensés « suivre ».

Cette situation de « je te tiens, tu me tiens par la barbichette » est pernicieux. 

Toutes les professions mais encore plus celles qui sont de vraies vocations ont leurs exigences, celle de journaliste au premier rang. Alors soit on se borne à ne dire avec rigueur et sobriété que ce que l’on sait et que l’on a vérifié, soit on avoue que l’on ne sait pas et dans ce cas on prend les moyens d’investiguer en cherchant au bon endroit et non pas dans les poubelles d’à côté. Mais c’est souvent difficile et parfois risqué, comme d’afficher ses opinions lorsqu’on s’appelle Duhamel.               

Ne me gavez plus des promos

Il faut croire que les directions de programmes des chaines de télévision et des radios dites "généralistes" et leurs rédactions en chef sont occupées par de petites gens dénués de toute culture et à l'esprit ouvert comme une huitre .
Les seules informations qu'ils diffusent sont les exercices de promotion orchestrés avec la finesse d'un chef de fanfare municipale. On peut suivre à la trace les "artistes" qui s'essoufflent à courir d'un plateau de télévision à un autre. Que dire des émissions de pseudo-débat ou d'actualité qui surchargent la barque des commentaires le plus souvent calamiteux de chroniqueurs flagorneurs qui n'ont même pas lu le livre dont ils parlent, écouté le disque qu'ils encensent ou vu le film qu'ils tentent de nous conseiller. Tous lisent des fiches plus ou moins bien préparées par des attachés de presse dont la propre culture se limite à lire Gala, Paris Match, Voici, Closer et autres machines à vendre.
Cela ne serait pas grave si, compte tenu de l'impact considérable des médias, ne se créait pas ainsi une sorte de "lupem culture" débilitante chez les plus jeunes de nos contemporains. Un petit test affligeant à faire mais redoutablement éclairant sur le sujet consiste à regarder de temps en temps des émissions comme "Qui veut gagner des millions" ou -encore plus parlant si j'ose dire! - "Le Maillon faible". En effet les candidats sont incollables sur le nom des héros de séries télévisées, sur l'interprète du dernier tube ou sur le prénom du petit dernier-né d'une Spice girl. En revanche on entend des énormités sur des questions historiques ou de géographie entre autre.La dernière en date que j'ai relevée est ce candidat qui ignorait comment était mort Henri IV!
Pédant? Vous avez dit pédant? J'accepte!
Mais il y a plus grave. Pour faire sérieux - en fait pour tenter de masquer le mercantilisme des émissions - on interroge des "artistes" sur des sujets sur lesquels ils n'ont aucune compétence et ceux qui ont le plus la grosse tête s'en donnent à poncifs que veux-tu. Mais ils influencent les plus faibes d'entre nous et les jeunes en particulier. On demande au chauffeur de salle de les applaudir quelque soit l'énormité de la bêtise qu'ils viennent de proférer. Et c'est ainsi que se forme une opinion publique qui n'est plus informée mais gavée, matraquée d'idées fausses ou au minimum partiales. Je pense parmi des milliers d'exemples à la tolérance qu'affichent la plupart des "artistes" pour l'usage du cannabis. Ne parlons surtout pas des problèmes économiques ou d "société" car la majorité des déclarations est d'une insondable imbécilité.
On va en entendre des vertes et des très mûres dans les mois qui viennent à cause de la campagne pour l'élection du Président de la République.
Qu'on ne me dise surtout pas que la télé et les radios ont remplacé le cafe du commerce, car si on y entendait de pitoyables conneries, elles ne dépainet pas un cercle tout compte fait restreint et la contradiction "live" était de mise, ce qui n'est évidemment pas le cas pour la télé et la radio. Ce ne sont pas les SMS ou coups de fil des auditeurs qui font le contre poids. (D'ailleurs les sms sont un racket qu'il faudra bien un jour éradiquer)
Bon je m'arrête car il y aurait un joli pamphlet à écrire mais ce n'est pas dans un blog que l'on peut faire ça.
En attendant je lis; c'est moins facile que de s'avachir devant un écran mais c'est nettement plus enrichissant. Ou bien j'écoute FIP: que de la musique, pas de commentaire.

Changement radical de sujet

Je surfe allègement sur la blogosphère et, comme si ses vagues n'étaient pas assez hautes ou que l'on aurait pollué mon terrain de jeu, je me heurte en permanence à des rochers que je n'avais pas l'habitude de voir. Des rochers qui auraient été placés là par des touristes aussi irrespectueux de notre environnement que des aoûtiens en goguette. Je veux parler des blogs des "politiques" qui font florès.
Bravo messieurs de découvrir pour la plupart d'entre vous ce merveilleux outil de communication! Il était temps!
Sauf que je vous fiche mon billet que dès les élections présidentielles passées, toutes les belles idées que vous développez avec la candeur hypocrite d'enfants de choeur venant de se siffler la moitié des burettes,seront rangées au rayon des promesses qui n'engagent que ceux qui les écoutent.
Et les grands bloggueurs professionnels de reprendre vos billets pour se faire un taux de liens record à peu de frais. Et ça ne fait que commencer! Je propose donc qu'une plateforme se fasse une spécialité de n'accueillir que des blogs de bloggueurs non politiques. Bon c'est de l'ostracisme hautement condamnable mais ça me fait du bien de l'écrire.
En plus il y a arnaque parce que vous pouvez toujours essayer de poster des commentaires bien construits, bien écrits (sans fôte d'ortogafe si poçible), en agitant de constructives suggestions, n'attendez pas de réaction de l'auteur du blog. Il s'en fout!
Et pourtant c'est notre avenir qui est plus ou moins en jeu (plutôt moins d'ailleurs car, de fait, la politique telle qu'elle est pratiquée n'est plus efficace).
Lionel reste dans ta tour d'ivoire, ça fait belle lurette que DSK t'a piqué l'idée!
Nicolas, tu t'y étais pris à l'avance, je le reconnais, mais pas aussi tôt qu'Alain!
Un coup à gauche, un coup à droite comme ça on verra bien que je ne vise personne en particulier mais tous en général. Et en plus tout le monde a pu juger de l'esprit des blogs de DSK et d'Alain alors...
Non messieurs, quand on veut faire quelque chose qui a l'air sérieux , il faut y mettre les moyens et s'y intéresser ou alors faites comme moi: un blog sans prétention! Et amusez-vous franchement. La politique est une chose trop sérieuse pour la laisser aux gens sérieux.
A plus!

Dire la vérité aux jeunes

La machine à perdre a bel et bien été remise en marche.
D'abord par la Gauche qui se jette sur l'opportunité de mobiliser les plus malléables au mépris de tout esprit de responsabilité puis par la droite qui se recroqueville dans ses peurs.
Bien sûr il ne faut pas nier que Villepin s'y est pris comme un manche en éludant le dialogue préparatoire avec les représentants syndicaux et les partis de l'opposition. C'est au cours de ce dialogue qu'il aurait été possible de sensibiliser l'opinion aux enjeux qui sont derrière le CPE ou le CNE et qu'elle est parfaitement capable de comprendre, mais surtout de contraindre les syndicats et les partis d'opposition à se prononcer, et soit à dévoiler leur populisme, leur clientélisme, donc se déconsidérer, soit d'ouvrir la porte à des réformes absolument inéluctables même si elles seront douloureuses.
Ne nous y trompons pas, il est nul besoin d'être un grand économiste ou démographe ou initié pour comprendre que la pyramide des ages et la marche du monde précipitent la faillite annoncée depuis longtemps de notre système social. Surendetté notre pays ne pourra contenir le raz de marée qui anéantira notre trop fameux "modèle social".
Abandonnons les fausses bonnes idées qui vont de la condamnation de l'immigration au partage du travail en passant par le développement durable. Nous nous sommes placé dans une impasse dont nous ne sortirons qu'en appliquant aux jeunes générations les mesures qui auraient du être appliquées depuis les années 70 lorsque les enfants du babyboom sont arrivés sur le marché du travail et qu'il fallait profiter des "Trente Glorieuses"
On ne peut pas toucher aux "avantages acquis" mais on peut ne les considérer comme acquis justement que pour ceux qui les ont acquis.
Cela semble parfaitement injuste mais c'est trop tard: le mal est déjà fait nos enfants sont à la tête ... d'un monceau de dettes! Le système social français fondé sur la notion de répartition est inéxorable de ce point de vue.
Pourquoi ne focalise t'on pas les discussions (disputes?) sur ce problème là qui, de fait, est à la racine des difficultés telles qu'elles se présentent aujourd'hui?
Oui, il faut dire à nos jeunes que leur avenir est fait de leur investissement personnel dans leur job, qu'ils ne peuvent exiger quoique ce soit d'un employeur dont la fonction n'est absolument pas de garantir un emploi mais qui en revanche ne peut prospérer sans de bons employés.
Il faut dire à nos jeunes que leur liberté est dans la fluidité de l'emploi et non le contraire car c'est de cette fluidité qu'ils retireront leur force: monsieur patron, vous ne m'offrez pas la même chose que votre voisin alors: Ciao! Et quelle peut être alors la réaction du patron? Contrairement à ce que l'on dit, sa première réaction sera de se trouver bien emmerdé car il perdra beaucoup dans la plupart des cas: l'investissement en formation initiale, en intégration de son employé, en compétences que ce dernier aura développées dans l'entreprise et qui partiront "gratuitement" chez le concurrent.
Voilà ce qu'il faut dire aux jeunes et non pas s'évertuer à défendre un CPE en tentant de montrer qu'il ne change rien voire qu'il est plus conservateur que la situation qu'il veut réformer.

Redonnons sa place à la Politique

Nous avions la droite la plus bête du monde, nous avons aussi la gauche la plus bête de France (palmarès encore moins élogieux !).
Je prends l’exemple du député Cambadelis parce que ses dernières déclarations, hier, à la radio sont débilitantes. Il fait mine de ne pas comprendre que les petites escarmouches de la Sorbonne ne sont le fait que de quelques étudiants qui pensent plus à un avenir politique qu’à leurs études et se sont laissés déborder comme des minots inexpérimentés par des nervis casseurs rompus aux provocations en tous genres. Ce n’est pas un mouvement de fond comme celui de 68 ; et du reste seul, lui, Cambadélis peut se souvenir de 68, tous les autres protagonistes n’ont pas vécu cette période ; lui en est un résidu maintenant planqué dans son fromage de député exploiteur des voix qu’il ne garde que par le clientélisme et les manoeuvres électoralistes de son parti.
Bon ! le pauvre Cambadélis prend ma charge parce que son équipe, dépassée par les événements, ne peut faire bloc et, comme en rugby lorsqu’une équipe est dominée, l’envoie au charbon prendre un « caramel » comme on dit dans ce sport.
Donc il déclare que le mouvement est profond, que le pays tout entier est mobilisé – avec une certaine jubilation totalement déplacée - et surtout se borne à demander au Premier Ministre de retirer son texte sur le Contrat Première Embauche. Pas de contre proposition, pas l’ébauche d’une solution –fût-elle générale et même floue - , rien de tout ça mais une attaque politicienne vide de sens contre le gouvernement plus encore que contre l’acte posé par le gouvernement. Bref du nul de chez nul !
Je ne suis pas favorable ou opposé au CPE, je sais seulement que mon pays a besoin de se ressaisir et vite, et en profondeur parce que nous sommes devenus un arbre mort, rigide, coupé de ses racines. Nous avons besoin de libérer tous les compartiments de notre société et en priorité tout ce qui touche à l’économie. Alors si le CPE peut être un signe dans ce sens appliquons le, s’il est inefficace à l’usage abrogeons-le comme nous devrions le faire séance tenante pour les 35 heures, mais surtout n’en appelons pas à des souvenirs jaunis, qui n’ont été qu’une crise d’urticaire sociale et que seul le romantisme nimbe d’une aura usurpée. Bien sûr qu’après 68 beaucoup de choses ont bougé, bien sûr que notre société y a gagné mais elle l’aurait fait de toute façon, différemment mais elle l’aurait fait.
Pour conclure, si Cambadélis veut faire appel à l’esprit de 68 qu’il ne s’y trompe pas : si c’est à la liberté qu’il fait appel, la liberté ne se divise pas, et elle est celle des employeurs comme celle des employés. Mais bien sûr ce n’est pas cela qui est dans sa pensée.
Ne parlons pas de la crise de rage de madame Royal qui trépigne et croit avoir le pouvoir de faire sa petite république à elle dans le Poitou-Charente. C’est grossier et de l’ordre de la rodomontade d’une enfant qui fait une grosse colère pour attirer les regards. Pitoyable et irresponsable.
Quand à Chirac, s’il avait un peu de considération pour notre bon pays, il provoquerait des élections présidentielles anticipées en démissionnant et en créant ainsi les conditions d’un choc psychologique salutaire, mais il ne le fera pas.
Nous ne pouvons dire que nos hommes politiques sont mauvais : nous n’avons pas d’hommes politiques en activité seulement des politiciens.
Redonnons sa pace à la Politique.

Que foutent le CSA, le Ministre de la Culture et tous les leaders d'opinion?

Il y a effectivement un nombre incalculable de sujets plus passionnants que la télévision et la radio, mais j'ai besoin d'éclater!
Quand je pense aux trésors de technologie que représente la mise en oeuvre de ces médias, je suis vraiment dégouté de l'usage qui en est fait, quand je pense également à l'aura populaire dont jouissent les principaux animateurs, je suis atterré de notre mollesse de specateurs passifs.
Je ne supporte plus de constater que les "grandes émissions" ne sont constituées que de promotions pour des spectacles qui valent ce qu'ils valent mais que l'on nous présente systématiquement comme des chefs-d'oeuvre oudes événements exceptionnels. Les Fogiel, Ardisson, Bern, Cauet, Arthur, Schick, Etc..., mais aussi Morisset, Taddeï,...,bon j'en ai marre de citer les exemples, reçoivent à tour de rôle les mêmes personnes, pour les mêmes spectacles ou livres, leur posent les mêmes questions et obtiennent évidemment les mêmes réponses. Mais cela ne s'arrête pas là et on a droit aux mêmes manèges dans les journaux d'information (Un cas parmi mille: Elise Lucet recevait dans son journal de midi l'ex-gentil patissier français de la Maison Blanche que l'on a déjà entendu raconter les trois mêmes anecdotes sur toutes les radios).
Qui plus est on donne une importance le plus souvent imméritée à ces chanteurs, acteurs, auteurs, réalisateurs qui sont probablement honorables dans ce qu'ils font mais très souvent complètement incompétents dans les sujets d'actualité qu'on leur fait commenter faute de fond dans ce qu'ils ont à vendre ( c'est la cas de ce malin de Claude Chabrol en ce moment).
Voilà comment se montent des cabales d'opinion: la plus visible en date étant la mode de l'anti-sarkozysme. Je ne prends aucunement partie pour l'un ou l'autre des candidats à l'élection présidentielle mais je constate.
Ce formatage de l'opinion est gravissime d'autant qu'il s'accompagne forcément d'un appauvrissement cuturel effrayant.
Que l'on ne me dise pas que l'on parle de ce qui intéresse les gens car c'est la proposition inverse qui est juste: les gens s'intéressent à ce qu'on leur propose, certains succès comme "des racines et des ailes" ou "Thalassa" le démontrent amplement même si la qualité de ces émissions baisse.
Finalement la proposition audiovisuelle des "grandes chaines" me fait penser à ces périodiques gratuits qui ne proposent que de la pub, souvent sous forme de publi-reportage, sauf qu'eux ne revendiquent rien d'autre que d'être ce qu'ils sont. La plupart du temps on les parcourt puis on s'en débarrasse.
Bien sûr que je zappe sur des chaines du satellite, sur FIP dès que je suis en mesure de le recevoir, mais j'ai les moyens de le faire, ce qui est loin d'être le cas de la majorité des gens.
Et quand je pense au sort réservé aux auditions de la commission d'enquête sur l'affaire d'Outreau! , je suis encore plus en colère. Il y aura, c'est sûr, des gens pour dénigrer ses travaux en ne se fondant que sur les retransmissions des auditions les plus sensationnelles ...
Bon sur ce je vais continuer de surfer sur les blogs parce que c'est devenu le seul moyen de se faire une véritable idée de ce qui se passe vraiment dans notre monde. Vivement que cette révolution tranquille soit accomplie!

Il y a autre chose que les voyages au long cours

Juste une grosse indignation:
J'entends sur toutes les radios que DSK a publié des propositions!
Wouah!
Mais je me mets vraiment en pétard lorsque je constate que l'on ne communique pas sur le contenu de ses propositions mais sur le fait qu'il en a fait!
Bon Laurent tu les sors oui ou non ces propositions, DSK l'a fait hier!
François qu'est-ce que tu attends?
Eh les gars il faut prendre rang car dans un mois ou deux le débat NE portera PLUS QUE sur la question de savoir si oui ou non vous avez fait des propositions PAS SUR CE QUE VOUS AVEZ PROPOSE.
Les politiques seraient vraiment idiots de se creuser les méninges à penser quoi que ce soit d'intelligent ou efficace: le contenu ne sera jamais analysé!
Et voilà comment on se retrouve sans s'en apercevoir avec des orientations politiques insanes lorsque ces boni(menteurs) sont élus! Souvenez-vous - ceux de mon âge! - du programe commun de la gauche: presque personne ne pouvait énumérer les 110 propositions et on l'a eu dans l'os: on a du payer les nationalisations puis re-payer les dé-nationalisations quelques années plus tard! Je me demande si je ne préfère pas la méthode Chirac qui propose tout un jour et son contraire le lendemain, là on sait que ce n'est même pas la peine d'écouter: ça gagne du temps! En même temps c'est vrai que du coup il ne fait rien, ce qui est aussi grave et coûteux que de faire des bêtises
La politique en France est tombée encore plus bas d'un degré et elle peut encore aller plus bas. C'est la seule performance que l'on peut attendre des grandes gueules qui veulent nous gouverner.

La rentrée me fout en pétard

Je suis furieux, alors il est fort probable que ce que je vais écrire manque un peu de rigueur.
Les mouvements de grève me hérissent le poil. C'est la rentrée alors on en profite. Les gens retrouvent leur ordinaire pas folichon et les syndicats - alliés objectifs de toutes les oppositions quelqu'elles soient parce qu'ils n'ont jamais eu de programme si ce n'est de s'opposer- manipulent de manière éhontée des foules qui n'ont d'objectifs que de garder leurs petits malheurs parce qu'elles les connaissent plutôt que de prendre le moindre risque d'un mieux parce qu'elles sont pétrifiées dans leurs peurs.
Je dis bien manipuler. Qu'est-ce qu'une manipulation si ce n'est de profiter d'un pouvoir d'influence en trompant intentionnellement ceux à qui on s'adresse.
Les enseignants veulent plus de moyens (refrain lancinant de Gérard Aschieri, l'ayatollah à vie de la FSU inutile de demander pourquoi je ne crée pas de lien sur le bonhomme ni sur l'organisation, ils se font assez de pub comme ça)), or tout le monde sait que l'enseignement secondaire français est celui qui dispose de plus de moyen que n'importe quel autre système au monde!
La CGT et les autres suiveurs, veulent des contrats de travail moins précaires alors que l'on a un taux de chomage exhorbitant; que font-ils de ceux qui veulent d'abord un job et sa sécurité ensuite?
Ces mêmes syndicats veulent du pouvoir d'achat en plus et leur action consiste à supprimer de la valeur en arrêtant la production nationale une journée! Débile!
On fait paraître un sondage selon lequel plus de 70% des français "soutiendraient" ce mouvement. C'est de la manipulation car ce qu'on peut admettre c'est qu'une majorité de français sente confusément qu'elle n'est pas gouvernée, mais c'est un autre problème puisque les organisateurs de la grève n'apportent aucune proposition structurée. On fédère ainsi des gens sur un refus mais pas sur des objectifs.
C'est d'ailleurs la leçon qu'il conviendrait de tirer des résultats du référendum sur le traité constitutionnel européen auxquels on fait dire maintenant ce qu'il n'ont pas dit. Où est d'ailleurs le fameux plan B de monsieur Fabius?
Je n'ai pas une sympathie immodérée pour monsieur de Villepin dont je crains qu'il ne soit qu'une marionnette intelligente de monsieur Chirac (à lui de prouver le contraire) mais il propose, pose des actions, tente de gouverner au moins.
Et les médias font du tambour, tous!
Reportage ici, reportage là, tribunes radiophoniques où l'on sélectionne les intervenants pour respecter une certaine égalité de temps de parole plus que pour la pertinence ou l'originalité de leurs propos .Mais où est l'information vraie? Où sont les faits? Qui dit que le mouvement aussi impressionnant soit-il ne représente qu'à peine un quinzième de la population active et même pas un trentième de la population en age de voter?
Au sujet des medias, je suis un auditeur historique d'Europe 1( là non plus pas de lien parce que je suis mécontent! Na!) et je trouve que JP Elkabash est le plus mauvais patron d'antenne que cette station ait jamais connu. Il a réussi à vider ou faire fuir des voix pour les remplacer dans les tranches d'infos par de modestes cireurs de pompes ou de piètres bonimenteurs (je pense à Daniel Schick, Frédéric Taddéï et surtout Pierre-Louis Basse).
Bon je profite de ma hargne du jour pour envoyer également un grand coup de pied dans les fesses d'un certain Daniel Mermet sur France-Inter qui ne s'est pas rendu compte que l'on n'était plus au temps du communisme triomphant des années Marchais (enfin qui fait semblant) et entretient avec une amertume assaisonnée de vitriol les pires émotions de peur et de rejet de toute modernité à travers des présentations totalement partisanes de faits de société. Il s'en est fait sans aucune vergogne un fonds de commerce.
Bref, ça me fout en pétard de constater que nous vivons vraiment trop dans un monde de manipulateurs. La réponse à cela c'est bien sûr en nous qu'elle se trouve:
Soyons courageux, lisons toutes sortes de journaux, magazines, bouquins, informons-nous vraiment, ayons le courage de ne pas nous en tenir aux grands titres des médias adoubés, lisons les chroniques, les éditoriaux, tout ce que la presse écrit en petit, tout ce qui ne fait pas l'objet d'une promotion commerciale; ne nous laissons pas envahir par les émotions provoquées
Notes  1 - 10 /13