Je rapporte ici une "petite histoire drôle" qui circule depuis bien longtemps et que beaucoup d'entre vous doivent connaître. Mais en ces jours de très fortes turbulences des économies mondiales il est certain que nous allons entendre les politiques dirent tout et n'importe quoi, sans vergogne tant il est vrai que la politique est souvent cynique, souvent populiste, rarement fine. C'est dans ces moments-là qu'il faut revenir - comme lorsqu'on est mal parti dans un match de rugby - aux fondamentaux.

Voici donc cette petite histoire:

COMMENT EXPLIQUER LE PRINCIPE DES IMPOTS ?

 

David R. Kamerschen, Ph.D, professeur d’Economie à Londres, propose l'exemple de 10 copains d'enfance qui se retrouvent régulièrement dans un pub pour boire 10 € de bière par personne. à chacune de leurs réunions, la facture totale est donc de 100 €. Comme leurs situations personnelles sont très différentes, et que certains sont même au chômage, ils conviennent que chacun contribuera selon ses moyens. Ils partagent donc la facture comme suit :

 

Les 4 premiers (les plus pauvres) ne payent rien.

Le 5ème paye 1 €

Le 6ème paye 3 €

Le 7ème paye 7 €

Le 8ème paye 12 €

Le 9ème paye 18 €

Enfin, le 10ème (le plus riche, trader dans la City sans doute) paye 59 €

 

C'est sur ce principe que sont calculés nos impôts.

 

Cet arrangement semble satisfaire tout le monde, jusqu'au jour où le propriétaire du pub, pour remercier le groupe de sa fidélité, annonce que désormais il leur consentira une réduction de 20%. La facture baisse de 20 €, ils n'ont plus que 80 € à payer.

 

Respectant le principe selon lequel chacun doit contribuer selon ses moyens, ils conviennent d'abord que les 4 premiers continueraient de ne rien payer. Reste donc à répartir la réduction de 20 € entre les six autres. Sachant qu’en divisant la somme par 6 on obtient 3,33 € par personne, adopter une répartition égale signifie que le 5ème et le 6ème recevraient de l'argent chaque fois qu'ils boivent des bières.

 

Le propriétaire du pub, vient à leur secours et propose une répartition qui lui semble équitable :

Le 5ème, comme les 4 premiers, ne paye plus rien (100% d'économie)

Le 6ème paye 2 € au lieu de 3 € (33% d'économie)

Le 7ème paye 5 € au lieu 7 € (28% d'économie)

Le 8ème paye 9  € au lieu de 12 € (25% d'économie)

Le 9ème paye 14 € au lieu de 18 € (22% d'économie)

Enfin, le 10ème paye 49 € au lieu de 59 € (16% d'économie)

 

Chacun paye donc moins qu'avant et le pourcentage de réduction qui lui est affecté est d’autant plus élevé que ses ressources sont plus faibles.

 

Mais en sortant du pub, ce soir là, certains éprouvent le besoin de revenir sur la répartition des 20 € offerts par le pub. Le 5ème  et le 6ème  disent qu’il ne leur revient à chacun qu’un seul euro, alors que dans l’affaire le plus riche gagne dix euros. « C'est vrai » déclare le 7ème « il n'est pas juste que ce soit toujours les riches qui profitent le plus ». Les quatre qui ne payaient rien protestent également : « Ces vingt euros, nous n’en voyons pas la couleur, le système exploite toujours les plus pauvres ».

 

Le 10ème fut-il ce soir-là physiquement malmené ou non ? Toujours est-il que las de ses compagnons, il s'abstint de paraître à la réunion suivante. Les autres burent leurs bières sans lui. Quand la facture arriva (72 €), ils réalisèrent qu'ils n'avaient même pas de quoi payer la moitié de ce montant.

 

La conclusion du professeur Kamerschen est la suivante :

 

« Voilà, Mesdames et Messieurs, journalistes et enseignants, comment fonctionne notre système fiscal. Ceux qui payent le plus d'impôts sont ceux qui retirent le plus d'avantages en cas de réductions. Si on impose trop les gros contribuables, si on les agresse parce qu'ils sont riches, le risque est grand qu’ils remettent en question le plaisir qu’ils prenaient à boire avec les copains. Ils peuvent même décider d'aller boire des bières dans d'autres pays où l'atmosphère est plus amicale.

 

- Pour ceux qui ont compris cette parabole, aucune explication n'est nécessaire.

- Pour ceux qui n'ont pas compris, aucune explication n'est possible.

Que le dernier Anglais qui quittera le pays n'oublie pas d'éteindre la lumière, car il n’y aura plus personne pour payer la facture. »

 

 

 

J’ajoute :

-       Qu’à regarder les choses par le mauvais bout de la lorgnette, on s’expose toujours à quelques désagréments.

-       Que ceux (politiques et journalistes) qui, par démagogie ou par goût du sensationnalisme, entretiennent une façon faussée de voir les choses sont bien méprisables.