Les relations empoisonnées de la presse et des politiques

Les rapports entre la presse, le pouvoir et l’opinion me donnent, particulièrement depuis la dernière élection du Président de la République, l’impression de ces écheveaux qui se forment lorsqu’à la pêche au gros on a remonté précipitamment sa ligne, bredouille ou pas du reste mais là n’est pas la question.

Lorsque j’avais le bonheur de pratiquer ce sport, j’étais reconnu pour ma capacité à les démêler : il faut de la patience, de bons yeux, un certain doigté et une conviction simple : il y a bien deux bouts à l’affaire.

Posons le problème avec la plus grande simplicité possible. La presse accuse le président de l’utiliser, de l’instrumentaliser. Le Président et ses thuriféraires, sans l’attaquer vraiment de front  (sauf ces jours derniers au sujet d’un certain SMS), accusent la presse de se complaire dans les ragots, les rumeurs et la déformation de la réalité et de ne pas remplir correctement sa mission qui est de livrer des informations vérifiées en laissant au lecteur le soin de les apprécier. Le lecteur, lui, absorbe tout cela à travers le filtre de ses convictions ou tout simplement de ses penchants du moment, tenant pour vrai, tour à tour, ce que lui dit la presse ou bien ce qu’il croit être les intentions des uns ou de l’autre. Si l’on rajoute que chacun à son tour joue le rôle de l’offensé et de l’accusateur et que l’opinion donne plus de crédit à ce qu’elle veut croire qu’à ce qu’elle lit ou entend vraiment, voilà comment se forme l’écheveau.

Quelques exemples pour illustrer le propos. La presse accuse le Président de mettre en scène sa vie privée pour masquer les difficultés qu’il affronte pour gouverner le pays ; le Président dénonce la presse qui ne s’intéresse qu’à sa vie privée et pas suffisamment à l’avancée des réformes qu’il a lancées et qui doivent sortir le pays de la crise. La presse dit que s’il va en Guyane ou à Grandange c’est pour masquer des sondages de popularité calamiteux, et lui trouve que l’on ne parle pas suffisamment de ce qu’il fait en Guyane ou pour la sidérurgie.  L’opinion, elle, passe la dispute au filtre de ses envies de croire l’un ou l’autre. Ce filtrage est extrêmement clair à constater pour peu que l’on écoute les émissions de radio où les auditeurs peuvent appeler pour donner leur point de vue : même en tenant compte d’une sélection opérée par les gestionnaires de ces émissions on constate que les interventions ne sont qu’une chambre d’écho amplifiant et déformant de l’information brute avec autant de parti pris pour une thèse et son contraire.

Lorsqu’il y a écheveau  il y a deux bouts écrivions-nous au début, mais si l’on veut le démêler il ne sert à rien de tirer sur l’un ou  sur l’autre : il faut au préalable alléger les contraintes qui constituent les nœuds.

Parmi ces contraintes l’une me paraît essentielle : la forme sous laquelle est délivrée l’information. En effet cette forme est belle et bien le matraquage. Écoutez par exemple les journaux du matin sur les grandes radios, vous remarquerez qu’il s’agit de petits bulletins de dix minutes environ qui proclament de trois à cinq titres maximum sur une durée totale de deux à trois heures et qui sont répétés de façon quasiment identique quatre à cinq fois. Comme si cela ne suffisait pas on fait appel à des chroniqueurs ou des « spécialistes » qui traitent évidemment l’un des titres en question et la parole est donnée aux auditeurs sur le thème choisi comme phare. C’est bien cela que l’on appelle le matraquage. La méthode est identique à la télévision et dans la presse écrite qui ne trouve son originalité d’un journal à l’autre que par plus ou moins d’esprit dans son titre de une ; idem pour les hebdomadaires.

La seconde contrainte est le rythme que les rédactions veulent donner à leurs journaux de peur que l’auditeur, le téléspectateur et, dans une moindre mesure, le lecteur ne se détourne du média pour aller sur un autre. Cette contrainte se traduit par un terrible appauvrissement de l’information délivrée ; à croire que l’on apprend dans les écoles de journalisme  que la façon d’interrompre ! Fogiel, Apathie, Elkabbach sont les champions du genre mais ils sont talonnés de près !

Ce matraquage et ce rythme ne permettent pas à l’opinion de faire fonctionner tous ses filtres de façon efficace et l’empêchent de se livrer à sa propre analyse ne lui laissant plus que le choix de la réaction.

Cette seconde contrainte est d’autant plus perverse qu’elle prive l’opinion de ce qui lui fait le plus défaut : une information complète par laquelle elle pourra apprendre et comprendre et ensuite se forger une opinion personnelle. C’est la meilleure façon de l’entretenir dans la soumission.
 

La troisième contrainte est celle des utilisateurs du système. Maîtriser l’information est une ambition qui semble de plus en plus à la portée des hommes politiques, certains comme le Président sont tenus pour des experts en la matière. Sauf qu’à cause des contraintes exposées plus haut, on ne convainc plus, on ne fait plus passer durablement des idées ; l’une est balayée le lendemain par la suivante et ceux qui la reçoivent réagissent plutôt que réfléchissent si bien qu’ils deviennent plus que versatiles : volatils. Ils brûlent aujourd’hui l’idole d’hier qu’ils adoreront à nouveau demain.

 

Alors vie publique, vie privée, responsabilité de la presse, volatilité de l’opinion, il faut trouver une nouvelle façon de s’exprimer probablement plus pédagogique. Il faut reconstruire un nouveau domaine pour l’information qui ne fonctionne pas sur les modèles du divertissement. C’est un problème éminemment économique bien sûr et les difficultés du Monde, de Libé, même du Figaro sont là pour nous le prouver. Tant que les journalistes les plus en vue auront besoin de faire des chroniques dans des émissions de divertissement, tant que les médias d’information feront appel à des chroniqueurs qui ne sont même pas journalistes pour la plus part (je pense à des Carlier par exemple), l’écheveau restera bien emmêlé.

La Fête de l'Olive à Castellar

Dimanche dernier, il faisait un superbe soleil d'hiver sur Castellar pour la traditionnelle fête de l'olive.

Je n'ai pas consulté les organisateurs ( je devrais plutôt écrire, les organisatrices car à ma connaissance elles étaient de loin les plus nombreuses) mais mon impression est que cela a été un énorme succès à en juger par les files de voitures garées dans chaque espace disponible y compris bien loin du centre du village. Il y avait foule près du moulin à huile qui vient d'être rénové et où l'on pressait les olives donnant une belle et succulente huile que les visiteurs achetaient au fur et à mesure qu'elle était mise en bouteille. La Maire a profité de l'instant pour rendre hommage aux représentants de feu la coopérative agricole de Castellar dont la gestion avisée des réserves financières a permis de financer substantiellement cette rénovation et à madame Bochew qui préside aux destinées de l'Association Culturelle et Educative de la commune organisatrice de l'événement.

 

Comme toujours, villageois et visiteurs se massent pour l'écouter

 

Une petite remarque cependant: la messe durant laquelle un baptême a été célébré avait rassemblé beaucoup moins de monde qu'il y a quelques semaines pour la Saint Bernard lorsque l'église était trop petite pour accueillir tous les fidèles!

Il faut dire qu'entre le vide-grenier - très bien fourni avec des stands présentant beaucoup plus que les traditionnelles pacotilles, les "vieux métiers" - tailleurs de pierre, ferronniers, vanniers, etc... et le fabricant de ganses:

 

on ne savait plus où donner de la tête! Ne pas oublier les dentellières au travail et les causeries sur la culture de l'olive sans parler des visites commentées du village ....

Bref un tel succès que, papillonnant de l'un à l'autre, lorsque je suis arrivé sur la place du village pour profiter du repas gastronomique ... je n'ai pas trouvé de place Et pourtant il y avait des tables partout!

Non, franchement on ne peut pas dire que Castellar ne soit pas la commune qui organise les fêtes les plus courues du Mentonnais! Quoi? J'en rajoute un peu? Et alors!

Un WiFi municipal à Castellar, (après?) demain le WiMax?

J'ai testé la semaine dernière une connexion Wifi  sur la place de la Mairie: ça marche très bien!  Certes j'avais un peu froid , assis sur l'un des bancs  de  la place, mais je me suis connecté, j'ai surfé dans d'excellentes conditions de débit .  Rendons à César ce qui appartient à Mikablog qui a signalé (avec une certaine emphase pré-électorale !) ce nouvel équipement bien avant moi, et pour cause, car je me suis laissé dire que c'est lui qui a installé l'équipement.

En tout cas bravo! Mais pourquoi diable la municipalité n'a t-elle pas fait plus de publicité à son initiative? Bien sûr cette "borne" WiFi n'apporte pas le haut débit à tous ceux qui dans le village sont mal situés par rapport au répartiteur de France Télécom, bien sûr il faut se rendre sur la place du village pour se connecter, mais cette installation est un symbole très encourageant de la modernité de la municipalité. Ne négligeons pas le fait qu'après tout c'est un service gratuit; en effet pas besoin de souscrire un abonnement pour se connecter à Internet: il suffit d'aller sur la place de la Mairie! Je prends en compte le fait qu'il faut disposer d'un PC portable et d'une bonne batterie ce qui n'est pas rien j'en conviens, mais il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain.

Je sais par ailleurs que la municipalité se préoccupe déjà de ce que pourrait être un équipement Wimax qui, lui, arroserait tout le village et un large périmètre alentour. Il y a du chemin à faire car les licences et le déploiement de cette technique sont encore balbutiants, mais pourquoi ne pas tenter d'être parmi les premiers après avoir été parmi les derniers (la faute à France Télécom et pas à la municipalité: j'ai été témoin de ses démarches constantes et insistantes) pour l'ADSL. Ce serait à la fois un joli coup de pub et en même temps un service susceptible de faire venir dans le village tel ou tel jeune entrepreneur sur Internet mais aussi de proposer de nombreux services gratuits aux jeunes et au moins jeunes du village (collaboration sur des projets d'intérêt général, services de surveillances et d'appels d'urgence, réunions virtuelles, jeux en ligne, etc....).

Demain la Fête de l'Olive nous permettra de nous connecter avec notre passé ce qui est très bien, connectons-nous aussi avec notre futur ce qui est essentiel également.

Nicolas Sarkozy et Carla Bruni se sont mariés ce matin

 "L'homme pressé" a donc épousé Carla.

Décidemment je m'interroge: ou bien il est vraiment sûr de lui et dans ce cas je lui tire mon chapeau de faire tant de choses importantes en même temps; ou bien il est embarqué dans une vrille inquiétante pour un chef d'Etat et je vais commencer à m'inquiéter. Mais peut-être que je ne fais alors qu'une méchante projection.

Je dois avouer que je suis plutôt d'accord avec le rythme soutenu avec lequel il remue la France qui dort depuis bientôt trente ans mais je voudrais être sûr qu'il a la trempe pour tenir le coup et là, moi, je sais que je ne l'aurais pas!
Vous me direz que c'est bien pour cela que je ne suis pas Président de la République! Dommage peut-être pour la France!

Curieusement  -et je ne sais vraiment pas pourquoi j'ai cette intuition - je parierais gros que Carla traîne peut-être un peu les pieds! Allez espérons que l'habit fera la nonne!

Une petite remarque sociétale: je ne comprends qu'à la marge que Nicolas Sarkozy ait éprouvé le besoin de se marier: il y a tant de gens qui vivent très bien sans cette formalité (oui car au bout du troisième on peut parler de formalité). Si ce n'est que pour régler quelques questions de protocole je trouve ça "petit bras". S'il en est éperdument amoureux - hypothèse assez vraisemblable - il eût bien mieux fait d'attendre un peu l'apaisement des feux de la passion, on en donne en général pour trois petites années .....

Non mais mon plus gros souci c'est qu'il va falloir que je m'éloigne de tous les médias si je ne veux pas m'énerver des commentaires  que ne vont pas manquer de faire avec un sérieux affecté et donc très agacent toutes les vedettes de l'analyse à deux balles qui envahissent non seulement les émissions et colonnes politiques mais toutes les autres. 

Enfin j'dis ça j'dis rien!