Ainsi j'avais promis de faire un billet au sujet du marché de Menton après l'article consacré au professeur és-pomme de terre.

Ce Marché le mérite effectivement tant il est typique de ce que l'on attend d'un marché du sud. Il a l'énorme avantage d'être remarquablement placé à la lisière de la vieille ville, près de la mer et du port.

Il date de 1898 comme vous pourriez le lire sur son fronton si j'avais réussi à faire la bonne manip:

Il est clair, simple - avec deux allées dans la longueur et une dans la largeur:

Comme tous les marchés il attire autour de lui les étals des "petits commerçants du cru", authentiques maraichers qui proposent les produits de leur travail sans aucune forme de prétention. Pas une affiche "Bio" ou "produit vert" et des prix raisonnables.

La plus caractéristique d'entre eux est Madame Piglione qui a régulièrement les honneurs de la presse:

J'ai pris la photo un peu tard et ses paniers sont vides mais je vous certifie que ce qu'elle vend - tomates, courgettes, fleurs de courgette, aubergines,poivrons, salades, figues..., est tout ce qu'il y a de naturel et goûtu. Je ne sais pas exactement depuis combien de temps elle tient son étal mas je vous garantis l'avoir toujours vue à sa place, été comme hiver.

Elle ne devrait pas tarder à être immortalisée comme celles qui l'on précédée. En effet vous ne devez pas rater les plaques commémoratives de la Tatoune et de la Tavina:

qui ont vendu, pour la Tatoune sa pichade de 1917 à 1970 -excusez du peu!- , et, pour la Tavina, des fruits et légumes de 1898 (année de création du marché je vous rappelle!) à 1940. Elles n'ont pas ruiné les caisses de retraite!

La relève de la Tatoune est joliment assurée par "Mimi" qui propose les meilleures pichades et la plus authentique socca de la région sans oublier les célèbres barbajuans.

Et il faut le dire, Mimi est d'une rare beauté.

Le marché de Menton est une grande famille au sens figuré et au sens propre; Mimi est la fille d'une autre célébrité: Luce, la patronne du "Baiser du Mitron", la boulangerie haut de gamme de Menton. Mais ne vous attendez qu'à du pain de première qualité cuit au feu de bois dans l'un des fours les plus ancien de la région. Ici pas de fioritures même si les petits pains fourrés à la tomate, à l'olive, à la tapenade, font les délices des petits creux de midi moins le quart.

Mais le Baiser du Mitron c'est aussi la belle Angélina: un subtil mélange d'énergie, d'efficacité et de décontraction. Ne la chambrez pas elle aura toujours le dernier mot!

On ne peut parler du Marché de Menton sans parler des poissonneries. Il y en a bien sûr plusieurs mais j'ai choisi de présenter celle qui me semble la plus agréable, son patron (Michel je crois) est un leader parmi les commerçants et il a l'air d'une crème d'homme qui me gratifie toujours d'un gentil bonjour alors que je ne suis pas un gros client parce que le poison d'une façon générale est malheureusement très cher.

Attention! il s'installe à l'intérieur incessamment, en face de Christophe.

J'aurais dû citer les bouchers, le stand italien qui est victime de son succès et devant lequel il faut faire un minimum d'un quart d'heure de queue, le fromager de l'entrée Ouest, l'étal de pâtes fraiches, raviolis et autres délicieux farçis, mais mon billet déjà bien long n'en finirait pas.

Et lorsque vous terminez votre marché ne partez pas tout de suite, allez vous asseoir un moment sur les bancs de pierre de la Place aux Herbes:

C'est là que l'on ressent le mieux ce que flâner veut dire. Je ne peux m'y arrêter sans une douce pensée pour maman qui se posait à la terrasse du "Lido" , ses cabas à ses pieds et prenait un tout petit peu de temps pour siroter une menthe à l'eau ou bien, les grand jours, un panaché bien frais! Nous étions heureux comme jamais lorsque, en vacances, je l'y rejoignais pour lire "Nice-Matin" et on se disait que l'on était bien là et que nous nous aimions beaucoup, tout simplement.

Puis vous partirez par la rue piétonne dans une joyeuse bousculade qui est indispensable à l'atmosphère des vacances.

Allez, ne vous ennuyez plus dans les supermarchés réfrigérés où tout est banalisé; prenez plutôt le temps de vivre en plein coeur des bonnes choses et des rapports humains chaleureux.