Un humble avis au Premier Ministre

J’observe avec une grande tristesse les événements qui secouent notre pauvre vieux pays et il me vient des réflexions qui me semblent d’une banalité affligeante.
Peut-être sont-elles dénuées de toute pertinence puisque je ne les retrouve dans aucun des débats, discours, empoignades, éditoriaux, articles de fond, ni même sur mes chers blogs (c’est vrai que je ne peigne pas l’ensemble de la blogosphère tant elle est foisonnante), mais je vous les livre quand même au risque d’apparaître soit idiot – probable - ou – sans jeu de mot – impertinent. Bien sûr je m’adresse au Premier Ministre actuel mais je pense aussi à tous ceux qui l’ont précédé depuis ces vingt dernières années au moins.
Monsieur le Premier Ministre vous avez fait de brillantes études comme la plupart de vos prédécesseurs, n’avez-vous donc jamais appris qu’un problème ne se traite pas au niveau où il se pose ?
Vous voulez vous coltiner au problème du chômage ? Pourquoi ne l’attaquez-vous pas aux niveaux au-dessus ? Vous me rétorquerez que c’est bien ce que vous faites en tentant de fluidifier un marché du travail englué dans des rigidités d’un autre âge, eh bien c’est là votre erreur d’analyse. En effet vous répondez au même niveau.
Réfléchissons ensemble deux secondes : pourquoi les entreprises n’embauchent-elles pas ? Tout bêtement parce qu’elles n’ont pas suffisamment confiance dans le présent et l’avenir, qu'elles se sentent pieds et poings liés dans une adminsitration qui les prend pour cible et qu’elles préfèrent améliorer à tout va la productivité de leurs employés actuels – quoiqu’il leur en coûte de stress créé, d’hypothèque sur leur avenir en réduisant notamment leurs budgets recherche et développement, de problèmes variés pour trouver des marchés extérieurs, d’exercices de haute voltige financière pour satisfaire leurs actionnaires, …
Monsieur le Premier Ministre attaquez-vous donc aux niveaux du dessus, changez de terrain :
• celui des structures. C’est d’autant plus intéressant que vous n’aurez que peu ou pas d’opposition car vos administrés sont plus intelligents que vous le croyez et, confusément, ressentent plus ce besoin que vous ne l’évaluez. (Ajoutons y un argument cynique mais pourtant redoutablement efficace, or en politique il faut parfois un peu de cynisme, mais c’est une autre histoire…, les « gens » ne sont pas conscients de ce qu’ils ne ressentent pas directement et les réformes structurelles sont moins directement ressenties par la population).
Les structures en question quelles sont-elles ? Ce sont les dépenses publiques qui prélèvent sur la richesse nationale des sommes insupportables à cause d'une gabegie à laquelle il peut être mis fin sans nécessairement toucher au nombre de fonctionnaires dans un premier temps , ce sont les inefficacités monstrueuses des administrations publiques qui annihilent, par une application pusillanime et répressive toute décision législative ou réglementaire aussi bonne soit-elle. Un exemple d'action parmi tant d’autres : adjoignez leur des médiateurs chargés de concilier les intérêts des parties plutôt que de renforcer la population des gardes-chiourmes tatillons. Vous donnerez là un signe sans ambiguïté aux entreprises qui comprendront alors que quelque chose est en train de changer, et, vous le savez, elles se précipiteront pour tâcher de profiter du vent nouveau, mais surtout elles reconsidéreront les données de leur environnement et reprendront espoir.
• Mais surtout, si vous avez peur des réactions des structures en question, passez au niveau encore au dessus : attaquez-vous aux désirs de votre population, faites appel à la motivation, donnez à désirer, pas à rêver, non, à désirer. Le CPE, pris autrement, vous en fournissait une excellente opportunité en déclarant que désormais les jeunes pouvaient et devaient demander à leur employeur dès leur embauche d’être aidés pour leur logement, d’être formés dès le premier jour de travail, de négocier tout ce qui leur paraît indispensable pour se sentir bien dans leur job, d’avoir accès à tout ce qui est l’apanage des CDI et même plus. Vous auriez eu plus de quitte à leur faire désirer tout cela car les employeurs ne s’y seraient pas trompés et auraient parfaitement compris comment tirer partie de ces « rennes sur le cou » ; ils auraient mis d’eux-mêmes les garde-fous qu’ils auraient estimés nécessaires pour s’attacher ceux dont ils ont le plus besoin. Les employeurs auraient parfaitement compris que le vent avait tourné et vous vous seriez retrouvé dans la position qui doit être la votre : celui de l’arbitre. Car les affaires étant prises dans le bon sens vous vous seriez vite aperçu que les employeurs qui ont besoin de main d’œuvre (ceux qui n’en ont pas besoin de toute façon n’ont rien à faire de votre loi rappelons-le) auraient fait assaut d’imagination pour se disputer les candidats et cela d’autant plus qu’ils auraient été en position favorable pour demander les contreparties des avantages qu’ils offraient. Quelles contreparties par exemple : si les objectifs fixés à l’embauche ne sont pas atteints, si les formations proposées ne sont pas suivies, si , etc.…, alors personne ne serait venu contester que la rupture du contrat puisse être prononcée sans grande formalité.
Par ailleurs l’opinion publique aurait été prise à contre-pied et les gardiens des privilèges seraient apparus nus dans la lumière.
Monsieur le Premier Ministre, ne restez pas bloqué au niveau du problème tel qu’il vous est posé : dépassez-le.
Bon pour cette fois je crains qu’il soit trop tard … Mais on apprend de ses échecs n’est-ce pas ?

Avis aux convives du dîner Eléo et de la soirée Hortie

Vous trouverez quelques photos de ces événements dans la galerie Famille, cousins, amis ....

Dire la vérité aux jeunes

La machine à perdre a bel et bien été remise en marche.
D'abord par la Gauche qui se jette sur l'opportunité de mobiliser les plus malléables au mépris de tout esprit de responsabilité puis par la droite qui se recroqueville dans ses peurs.
Bien sûr il ne faut pas nier que Villepin s'y est pris comme un manche en éludant le dialogue préparatoire avec les représentants syndicaux et les partis de l'opposition. C'est au cours de ce dialogue qu'il aurait été possible de sensibiliser l'opinion aux enjeux qui sont derrière le CPE ou le CNE et qu'elle est parfaitement capable de comprendre, mais surtout de contraindre les syndicats et les partis d'opposition à se prononcer, et soit à dévoiler leur populisme, leur clientélisme, donc se déconsidérer, soit d'ouvrir la porte à des réformes absolument inéluctables même si elles seront douloureuses.
Ne nous y trompons pas, il est nul besoin d'être un grand économiste ou démographe ou initié pour comprendre que la pyramide des ages et la marche du monde précipitent la faillite annoncée depuis longtemps de notre système social. Surendetté notre pays ne pourra contenir le raz de marée qui anéantira notre trop fameux "modèle social".
Abandonnons les fausses bonnes idées qui vont de la condamnation de l'immigration au partage du travail en passant par le développement durable. Nous nous sommes placé dans une impasse dont nous ne sortirons qu'en appliquant aux jeunes générations les mesures qui auraient du être appliquées depuis les années 70 lorsque les enfants du babyboom sont arrivés sur le marché du travail et qu'il fallait profiter des "Trente Glorieuses"
On ne peut pas toucher aux "avantages acquis" mais on peut ne les considérer comme acquis justement que pour ceux qui les ont acquis.
Cela semble parfaitement injuste mais c'est trop tard: le mal est déjà fait nos enfants sont à la tête ... d'un monceau de dettes! Le système social français fondé sur la notion de répartition est inéxorable de ce point de vue.
Pourquoi ne focalise t'on pas les discussions (disputes?) sur ce problème là qui, de fait, est à la racine des difficultés telles qu'elles se présentent aujourd'hui?
Oui, il faut dire à nos jeunes que leur avenir est fait de leur investissement personnel dans leur job, qu'ils ne peuvent exiger quoique ce soit d'un employeur dont la fonction n'est absolument pas de garantir un emploi mais qui en revanche ne peut prospérer sans de bons employés.
Il faut dire à nos jeunes que leur liberté est dans la fluidité de l'emploi et non le contraire car c'est de cette fluidité qu'ils retireront leur force: monsieur patron, vous ne m'offrez pas la même chose que votre voisin alors: Ciao! Et quelle peut être alors la réaction du patron? Contrairement à ce que l'on dit, sa première réaction sera de se trouver bien emmerdé car il perdra beaucoup dans la plupart des cas: l'investissement en formation initiale, en intégration de son employé, en compétences que ce dernier aura développées dans l'entreprise et qui partiront "gratuitement" chez le concurrent.
Voilà ce qu'il faut dire aux jeunes et non pas s'évertuer à défendre un CPE en tentant de montrer qu'il ne change rien voire qu'il est plus conservateur que la situation qu'il veut réformer.

Redonnons sa place à la Politique

Nous avions la droite la plus bête du monde, nous avons aussi la gauche la plus bête de France (palmarès encore moins élogieux !).
Je prends l’exemple du député Cambadelis parce que ses dernières déclarations, hier, à la radio sont débilitantes. Il fait mine de ne pas comprendre que les petites escarmouches de la Sorbonne ne sont le fait que de quelques étudiants qui pensent plus à un avenir politique qu’à leurs études et se sont laissés déborder comme des minots inexpérimentés par des nervis casseurs rompus aux provocations en tous genres. Ce n’est pas un mouvement de fond comme celui de 68 ; et du reste seul, lui, Cambadélis peut se souvenir de 68, tous les autres protagonistes n’ont pas vécu cette période ; lui en est un résidu maintenant planqué dans son fromage de député exploiteur des voix qu’il ne garde que par le clientélisme et les manoeuvres électoralistes de son parti.
Bon ! le pauvre Cambadélis prend ma charge parce que son équipe, dépassée par les événements, ne peut faire bloc et, comme en rugby lorsqu’une équipe est dominée, l’envoie au charbon prendre un « caramel » comme on dit dans ce sport.
Donc il déclare que le mouvement est profond, que le pays tout entier est mobilisé – avec une certaine jubilation totalement déplacée - et surtout se borne à demander au Premier Ministre de retirer son texte sur le Contrat Première Embauche. Pas de contre proposition, pas l’ébauche d’une solution –fût-elle générale et même floue - , rien de tout ça mais une attaque politicienne vide de sens contre le gouvernement plus encore que contre l’acte posé par le gouvernement. Bref du nul de chez nul !
Je ne suis pas favorable ou opposé au CPE, je sais seulement que mon pays a besoin de se ressaisir et vite, et en profondeur parce que nous sommes devenus un arbre mort, rigide, coupé de ses racines. Nous avons besoin de libérer tous les compartiments de notre société et en priorité tout ce qui touche à l’économie. Alors si le CPE peut être un signe dans ce sens appliquons le, s’il est inefficace à l’usage abrogeons-le comme nous devrions le faire séance tenante pour les 35 heures, mais surtout n’en appelons pas à des souvenirs jaunis, qui n’ont été qu’une crise d’urticaire sociale et que seul le romantisme nimbe d’une aura usurpée. Bien sûr qu’après 68 beaucoup de choses ont bougé, bien sûr que notre société y a gagné mais elle l’aurait fait de toute façon, différemment mais elle l’aurait fait.
Pour conclure, si Cambadélis veut faire appel à l’esprit de 68 qu’il ne s’y trompe pas : si c’est à la liberté qu’il fait appel, la liberté ne se divise pas, et elle est celle des employeurs comme celle des employés. Mais bien sûr ce n’est pas cela qui est dans sa pensée.
Ne parlons pas de la crise de rage de madame Royal qui trépigne et croit avoir le pouvoir de faire sa petite république à elle dans le Poitou-Charente. C’est grossier et de l’ordre de la rodomontade d’une enfant qui fait une grosse colère pour attirer les regards. Pitoyable et irresponsable.
Quand à Chirac, s’il avait un peu de considération pour notre bon pays, il provoquerait des élections présidentielles anticipées en démissionnant et en créant ainsi les conditions d’un choc psychologique salutaire, mais il ne le fera pas.
Nous ne pouvons dire que nos hommes politiques sont mauvais : nous n’avons pas d’hommes politiques en activité seulement des politiciens.
Redonnons sa pace à la Politique.