Nous sommes des dupes consentants
Ne voyez-vous pas que la grande majorité des émissions de débats à la télévision, à la radio et même les articles de journaux, n’est organisée qu’autour de « personnalités » qui ont un livre, un spectacle ou une chansonnette à promouvoir.
À la limite on pourrait penser que les invités en question ont bien quelque chose d’intéressant à proclamer ou à défendre mais force est de constater qu’il n’en est rien la plupart du temps. Généralement ces invités sont propulsés sur le devant de la scène par des attachés de presse dont le mérite est de connaître les rouages du grand bazar médiatique et surtout les meilleures techniques de manipulation de l’opinion.
Il y a ceux que les animateurs appellent « les bons clients ». Certains méritent leur réputation et tout spécialement ceux qui font rire ou bien dont le charisme passe la rampe comme on disait il y a beau temps au théâtre. Comme on consomme ces émissions sous forme de divertissement on se laisse aisément emporter. Rappelez-vous –les plus anciens- de Georges Marchais !
Tout cela ne serait finalement pas si grave si pour une meilleure efficacité marketing on ne donnait pas à ces émissions de divertissement un caractère d’émissions sérieuses !
Mais voilà, ce n’est pas le cas ! Et c’est ainsi qu’un Christophe Dechavanne peut s’enflammer et décrire une France honteuse sur tous les médias après la fameuse main d’Henry, qu’un Patrick Sébastien veut créer un « rassemblement humaniste » et que tant d’autres, aussi compétents dans leur spécialité qu’incompétents dans les autres domaines, profitent de leur célébrité du moment pour s’offrir une séance de psychanalyse publique.
Or ce qui est grave c’est qu’ils contribuent très largement à la formation de l’opinion.
Ce qui est grave c’est de faire de Yann Artus-Bertrand un spécialiste de l’écologie parce qu’il passe bien à l’écran et qu’il a trouvé un filon pour écouler sa production photographique. Dans le cas précis c’est d’autant plus désespérant que ses livres sont de toute beauté et qu’il les aurait très bien vendus sur leurs qualités intrinsèques.
Il faut arrêter ce mouvement général dans les médias. Il est extrêmement pervers car il ne fait que des victimes : celles qui sont gavées d’opinions mal documentées et ceux qui ne voudraient que se divertir (activité hautement respectable).
Arrêtons de demander à la plus respectable vedette de la chanson, du sport ou du cinéma, ses opinions sur la politique ou des faits de société pour rendre plus attractives les minutes d’interviews qui lui sont consacrées mais que la valeur de l’œuvre qu’il vient défendre ne comble pas.
Je me fiche pas mal de l’opinion d’une vedette sur la question du réchauffement climatique, pour moi c’est accessoire. Évidemment je m’aperçois vite qu’elle n’a rien à dire d’autre tant est piètre la qualité de la chansonnette qu’elle vient promouvoir. L’attaché de presse le sait et le brief est fait avant l’émission avec le présentateur qui lui-même ne sait faire autre chose que de lire le dossier de presse aussi faux qu’un jeton de casino.
Cette collusion animateur/personnalité du show/attaché de presse/publicitaire me semble extrêmement dommageable surtout dans notre société médiatique.



