Nous sommes des dupes consentants

Ne voyez-vous pas que la grande majorité des émissions de débats à la télévision, à la radio et même les articles de journaux, n’est organisée qu’autour de « personnalités » qui ont un livre, un spectacle ou une chansonnette à promouvoir.

À la limite on pourrait penser que les invités en question ont bien quelque chose d’intéressant à proclamer ou à défendre mais force est de constater qu’il n’en est rien la plupart du temps. Généralement ces invités sont propulsés sur le devant de la scène par des attachés de presse dont le mérite est de connaître les rouages du grand bazar médiatique et surtout les meilleures techniques de manipulation de l’opinion.

Il y a ceux que les animateurs appellent « les bons clients ».  Certains méritent leur réputation et tout spécialement ceux qui font rire ou bien dont le charisme passe la rampe comme on disait il y a beau temps au théâtre. Comme on consomme ces émissions sous forme de divertissement on se laisse aisément emporter. Rappelez-vous –les plus anciens- de Georges Marchais !

Tout cela ne serait finalement pas si grave si pour une meilleure efficacité marketing on ne donnait pas à ces émissions de divertissement un caractère d’émissions sérieuses !

Mais voilà, ce n’est pas le cas ! Et c’est ainsi qu’un Christophe Dechavanne peut s’enflammer et décrire une France honteuse sur tous les médias après la fameuse main d’Henry, qu’un Patrick Sébastien veut créer un « rassemblement humaniste » et que tant d’autres, aussi compétents dans leur spécialité qu’incompétents dans les autres domaines, profitent de leur célébrité du moment pour s’offrir une séance de psychanalyse publique.

Or ce qui est grave c’est qu’ils contribuent très largement à la formation de l’opinion.

Ce qui est grave c’est de faire de Yann Artus-Bertrand  un spécialiste de l’écologie parce qu’il passe bien à l’écran et qu’il a trouvé un filon pour écouler sa production photographique. Dans le cas précis c’est d’autant plus désespérant que ses livres sont de toute beauté et qu’il les aurait très bien vendus sur leurs qualités intrinsèques.

Il faut arrêter ce mouvement général dans les médias. Il est extrêmement pervers car il ne fait que des victimes : celles qui sont gavées d’opinions mal documentées et ceux qui ne voudraient que se divertir (activité hautement respectable).

Arrêtons de demander à la plus respectable vedette de la chanson, du sport ou du cinéma, ses opinions sur la politique ou des faits de société pour rendre plus attractives les minutes d’interviews qui lui sont consacrées mais que la valeur de l’œuvre qu’il vient défendre ne comble pas.

Je me fiche pas mal de l’opinion d’une vedette sur la question du réchauffement climatique, pour moi c’est accessoire. Évidemment je m’aperçois vite qu’elle n’a rien à dire d’autre tant est piètre la qualité de la chansonnette qu’elle vient promouvoir. L’attaché de presse le sait et le brief est fait avant l’émission avec le présentateur qui lui-même ne sait faire autre chose que de lire le dossier de presse aussi faux qu’un jeton de casino.

Cette collusion animateur/personnalité du show/attaché de presse/publicitaire me semble extrêmement dommageable surtout dans notre société médiatique.

Quelques réflexions en vrac après la votation en Suisse sur l’interdiction de construire des minarets


La preuve est donnée que nous ne vivons pas, dans la
plupart des démocraties, sous un régime démocratique mais de « gouvernement
des élites » (voir l’article trop long, trop chiant mais très instructif )


Une courte majorité de Suisses -53,4% - s’est prononcée à
une majorité sans discussion mais pas écrasante – 57,5%- contre la construction
de minarets dans le pays. Autrement exprimé : environ un peu moins d’un Suisse
sur trois ayant le droit de voter a exprimé son choix de ne pas voir se
construire des minarets autour des mosquées.


Mais les commentaires vont bon train et s’enflamment, particulièrement
dans notre pays : les Suisses sont xénophobes et, poussons le cochonnet un
peu plus loin, racistes. Dorénavant les chiffres simples ci-dessus seront
oubliés et l’on va entendre les bonnes âmes professionnelles de la compassion
de bazar et de la bien-pensance, nous dire que le racisme resurgit, qu’il faut
se lever contre toute forme de discrimination, etc. (je n’ai pas besoin de
faire leur discours, ils sont experts !).


Sauf que personne ne voudra entendre le vrai message –
selon moi, je vous l’accorde – que les Suisses ont envoyé. Les « élites »
vont le confisquer.


Les dirigeants politiques vont se méfier de la votation !
Les tenants de la démocratie participative vont se dire que ce n’est peut-être
pas la meilleure façon de manipuler l’opinion surtout lorsque l’on veut faire
accréditer le contraire de ce qu’elle pense vraiment. Dans le cas précis de la
votation suisse : un tiers des Suisses ne veut pas d’une islamisation de
leur société.


Ni plus mais ni moins non plus. Stigmatiser cette partie
de l’opinion, ignorer son avis serait une lourde erreur. Deux Suisses sur trois
ne se sont pas prononcés sur la question ce qui montre que ce pays reste
tolérant et non pas raciste, mais un Suisse sur trois dit qu’il y a des limites.
Ce qui me fait dire que tout est une question de mesure. (Comme toute l’histoire
de la Suisse l’a prouvé du reste avec pour la France notamment : les
protestants, les royalistes et révolutionnaires tous mélangés, et dans le cas
qui nous occupe, la famille Ramadan !!!).


Refusons donc de nous mettre dans un camp ou dans l’autre,
non pas pour ne pas prendre parti, mais bien pour traiter efficacement la
question.


Toute société a besoin d’un minimum de cohésion. À l’image
du corps humain, elle a un système immunitaire qui lui fait rejeter ce qui
menace son intégrité et plus, sa survie. Lorsqu’il est déficient elle est d’abord
malade et ensuite elle en meurt. Là encore il s’agit d’un problème de mesure :
un armagnac passe, trop d’armagnac vous envoie dans un coma éthylique puis vous
tue.


Ne pas le reconnaître pour les sociétés est une marque d’intempérance
et surtout une mauvaise farce pour ceux que les bonnes âmes prétendent
défendre.


Pourquoi les gens émigrent-ils ? Parce qu’ils sont incapables
de continuer à vivre décemment dans leur pays d’origine soit physiquement (faim)
soit psychiquement (persécution).


Pourquoi immigrent-ils ? Parce qu’ils considèrent
que les sociétés dans lesquelles ils immigrent n’ont pas les inconvénients qui
les forcent à partir de celles dans lesquelles ils sont nés.


La logique veut donc que l’on préserve les
caractéristiques de ces sociétés qu’ils ont choisi de rejoindre et non pas que
l’on importe les caractéristiques de celles qu’ils ont fuies.


Or en Occident nous avons tendance à renverser l’argument.
On se place comme une personne qui aurait perdu l’estime de soi. On culpabilise
sur tous les terrains qui pourtant ont contribués à la grandeur de notre
société en cherchant à magnifier les apports des immigrés au nom d’une
tolérance qui n’est que la contrepartie pitoyable de l’abandon de nos propres valeurs.
Or c’est bien à l’abri  de nos valeurs que
viennent se réfugier les immigrés.


Après le G20 de Pittsburgh

Une seule décision ( faut-il parler de décision lors d'un sommet comme le G20? évidemment non car les modalités de mise en place peuvent changer radicalement le sens de la décision..., mais bon...) doit retenir l'attention me semble t'il.

Ce n'est évidemment pas celle qui concerne le bonus des traders parce que ces bonus n'étaient pas une cause mais un symptôme et que "récupérer" les bonus sous forme de malus  sera aussi facile que de récupérer un billet de 100€ distribué un soir de beuverie à son voisin de bistrot un an après la cuite!
Ce n'est pas non plus celle de la sortie de Monaco et autres lieux de la liste des paradis fiscaux parce qu'on ne parle toujours pas de l'état de Delaware ni de Hong-Kong et que les conventions fiscales de transparence passées par les "grains de beauté" de l'économie douteuse l'ont été en grande partie entre eux!!!

Non, ce qui semble aller dans le bon sens c'est la décision (ne pas oublier d'affecter ce mot de la remarque faite en introduction!) d'appliquer les règles prudentielles dites "Bâle II" actuellement imposées aux banques européennes mais dont les banques américaines se sont exonérées jusqu'à présent.
De fait ces règles rendent plus couteuses en capital les opérations de marché faites par les banques. Bien sûr qui dit règle dit profit potentiel pour tout produit permettant de les contourner et je fais confiance aux docteur Nimbus de la finance pour créer au plus vite de tels produits. Mais quand même le voleur devra trouver de nouvelles façons de fuir le gendarme... Et on parle de la mise en route d'un Bâle III.
Une autre décision semble avoir été prise mais je ne trouve aucun détail à ce sujet dans les compte-rendus de presse: il semble en effet qu'il ait été décidé de rendre encore plus cher en capital les opérations de proprietary trading (opérations de marché faite par les banques pour leur propre compte). Si cette mesure dépasse les conséquences normales de l'application des accords "BâleII" alors je dis bravo. J'avais déjà écrit tout le mal que je pense du proprietary trading dans de précédents billets. Certes on m'avait objecté que cela revenait à diviser les profits des banques par un facteur 2 ou 3, ce à quoi je réponds tant mieux! Elles seront enfin obligées de faire des efforts pour reconstituer leurs profits sur de véritables produits bancaires plus utiles à l'économie; et pour cela je leur fais confiance! Rendre moins rentable ces opérations de spéculation pour compte propre mettrait un obstacle de plus à leur activité de casino et ça ce serait une excellente chose.

Mais là où je suis profondément déçu c'est que semble t'il rien n'ait été dit de la séparation des activités de banque de dépôt des activités de banque d'investissement (à moins que mon information ne soit pas suffisamment complète et qu'il ait été apprécié que ce sujet ne passionnerait pas les foules et qu'on le rendrait public ultérieurement, ce qui n'est pas à exclure). En l'absence d'une telle distinction on continuera de voir les banques prendre des risques sur l'argent qui ne leur appartient absolument pas: mes, vos dépôts. Les produits dérivés continueront de multiplier l'ampleur de ces risques et demain risque bien de ressembler à hier!

Allez, messieurs les politiques, refaites-moi un petit G20 discret où vous ferez plancher vos sherpas sur ce sujet.

 

Les bonus des traders

Bien que tout le monde soit en vacances, la décision de BNPParibas de provisionner un gros milliard d'euros pour distribuer des bonus à ses traders en fin d'année fait beaucoup de bruit.
La semaine passée on n'avait entendu que quelques bruissements à l'annonce des 33 milliards versés par les banques de Wall Street en 2008 à leurs pauvres petits traders qui depuis demandent l'anonymat de peur de se faire lyncher.

Deux remarques préliminaires:
1/BNPParibas redevient très bénéficiaire alors que les banques américaines ont perdu en 2008 près de 80 milliards de $ ce qui ne les a pas empêché de verser 33 milliards de $ à leurs pauvres traders qui depuis demandent l'anonymat de peur de se faire lyncher. Le métier de trader est effectivement un métier à risques!!!
2/Je lis les commentaires des internautes sur le sujet et je remarque que la liberté d'expression de tout un chacun conduit à la dictature de l'émotion sur l'opinion et à l'énoncé de bêtises qui fabriquent cette opinion. Mais c'est une autre histoire....

Pour en revenir à mon sujet de l'instant, je dois dire que je suis, moi aussi, assez remonté contre les banquiers. La raison de mon ire est relativement simple à expliquer.
L'une des raisons des opérations bénéficiaires des traders est qu'ils peuvent prendre des risques faramineux grâce à la solidité des établissements pour lesquels ils travaillent. Or cette solidité n'est assurée que par la diversité des opérations qu'abritent les banques et tout particulièrement des dépôts qu'elles reçoivent des clients; vous et moi qui n'avont d'autres choix que d'avoir un compte en banque pour vivre normalement.Or je l'ai écrit plusieurs fois ici, cette situation est la source des dérèglements que nous observons et qui mettent nos économies (au sens patrimonial comme au sens général) périodiquement au bord du précipice.

Il y a une mesure simplissime à mettre en place pour régler le problème: remettre en force le Glass-Steagle Act . Certes il conviendrait de lui faire subir une petite toilette pour le débarasser des imperfections qui ont conduit à son abrogation, mais il est impératif de séparer à nouveau les activités de banques "classiques" (Corporate Banking) et celles de banque "d'investissement".

Ainsi les traders continueraient d'opérer sur les marchés financiers et de recevoir leurs bonus sans en avoir honte (quoique!) et les fondamentaux de l'économie n'en seraient que faiblement impactés. Mais bien mieux: on pourrait laisser leurs business tomber en faillite sans déclencher une crise économique mondiale; ils auraient ainsi la juste sanction du marché qu'ils vénèrent tant.

Bon alors Messieurs Obama, Sarkozy et consorts, quand vous mettez-vous au travail? N'oubliez pas les moments d'affolement auxquels vous avez du faire face (en la perdant!) en début d'année et montrez que l'expression "puissance publique" a encore un sens. 

Je sais bien que la plupart de ceux qui vous entourent n'y comprennent rien ( voir la réponse de Monsieur Estrosi à RMC ce matin reprise dans l'article du Point) mais je vous assure qu'il y a à New York ou Paris des gens capables de mettre en place une telle mesure. Ecoutez, si j'osais je vous dirais que je suis prêt à sortir de mon agréable retraite pour vous expliquer tout ça et sans même vous demander plus qu'un bonus de trader moyen! 

La réglementation émotionnelle

 Il y a tellement à dire en ces moments d'effervescence que la crise multiplie que je n'en écris plus rien. Chaque fois qu'un sujet m'intéresse un autre est soulevé qui m'intéresse également et comme je ne veux pas me mettre le foie en bouillie, je passe.

Mais là j'ai deux minutes alors je vais écrire un peu.

On va légiférer sur les stock-options et probablement également sur les rémunérations des dirigeants d'entreprises ayant reçu des aides de l'État.Certains, toujours prompts à enfourcher les causes populistes ( Bayrou, Hollande pour n'en citer que deux que j'ai pris sur le fait à la radio!), veulent même étendre l'effet de la loi à toutes les entreprises...

Je considère cela idiot (étymologie: personne sans idées, sans connaissances, sans intelligence: c'est tout à fait adpaté).

Rappelons que les stock-options ont été créées aux USA avec l'objectif de permettre à des entreprises voulant attirer des talents mais n'ayant pas de quoi leur payer un salaire "dans le marché" de promettre aux candidats de s'enrichir à la mesure de l'augmentation de valeur de la société.

Cette démarche est très saine. Beaucoup de talents n'ont pas les fonds nécessaires au lancement d'une activité mais ont une âme d'entrepreneur et croient suffisamment à leur talent pour prendre un risque sur leur rémunération qu'ils auraient bien volontiers pris sur leurs capitaux propres s'ils les avaient eus. On pourrait même extrapoler le raisonnement aux dirigeants salariés des grands groupes. En effet ils méritent d'être dirigés par des gens ayant de grands talents. Or ces derniers n'ont jamais les moyens de prendre une participation suffisante dans le capital de ces groupes pour qu'on puisse dire qu'ils bénéficieraient justement de la valorisation des entreprises qu'ils dirigent. Dans ce cas reconnaitre cela en attribuant des stock-options me semble judicieux.

On se souviendra que, en France, le régime fiscal des stock-options a été mis en place par Dominique Strauss-Khan, étendu par Laurent Fabius aux grands groupes ( je m'étrangle!) et qu'il a fallu attendre Balladur pour les encadrer un tout petit peu!  Voila pour l'exposé.

Sauf que, comme disait ma vénérée maman dont le bon sens tenait très avantageusement lieu de culture économique, "de tout mais avec modération".

C'est bien l'expansion, l'extension - appelez ça comme vous voudrez: l'excès - de ce produit qui est critiquable; son usage abusif. Et pourquoi son usage est-il devenu abusif? Tout simplement parce que "légalement" on pouvait le faire! Mais comme dirait l'autre " ce n'est pas parce que c'est légal que c'est moral".

Toute réglementation est en effet la création d'un territoire légal mais pas nécessairement moral. On court vers les mêmes idioties. On va faire le chemin inverse c'est tout. 

Dommage car se posera toujours la question légitime et morale de rémunérer les talents  dans les start-ups et les dirigeants méritants non propriétaires de l'entreprise qu'ils dirigent et dont l'activité la valorise. 

 

 

 

Le tout était d'y être a dit Ségolène Royal

Chers lecteurs je vous avais un peu délaissé, par flemme!

Mais là j'ai un petit truc en plaqué or à vous communiquer. 

La vie de notre personnel politique réclame parfois une abnégation louable ou dérisoire c'est selon.

En suivant ce lien vous découvrirez Ségolène Royal assistant aux cérémonies d'investiture d'Obama:

Ne soyez pas trop pressés, il faut un certain temps pour que s'affichent les petites photos en bas et si vous ne trouvez pas la petite photo en bas tapez "Ségolène Royal" dans le moteur de recherche.

Je dois dire que je ne l'ai pas reconnue et je fais confiance au tag qui centre la photo sur un groupe de personnes et qui suggère que la dame au chapeau et au manteau rouge serait bien la Dame du Poitou. Si l'on en juge par sa position, rendons-lui le fait qu'elle n'était pas loin du Président Obama. Non elle n'était pas dans la populace!

Mais je comprends qu'elle ait eu besoin, le soir venu, de demander l'hospitalité à l'Ambassade de France, car elle devait être gelée et avoir les pieds en marmelade. Presque une réfugiée!

Bon elle pourra dire :"J'y étais" , moi pas!

 

Comment comprendre l'impôt sur le revenu

Je rapporte ici une "petite histoire drôle" qui circule depuis bien longtemps et que beaucoup d'entre vous doivent connaître. Mais en ces jours de très fortes turbulences des économies mondiales il est certain que nous allons entendre les politiques dirent tout et n'importe quoi, sans vergogne tant il est vrai que la politique est souvent cynique, souvent populiste, rarement fine. C'est dans ces moments-là qu'il faut revenir - comme lorsqu'on est mal parti dans un match de rugby - aux fondamentaux.

Voici donc cette petite histoire:

COMMENT EXPLIQUER LE PRINCIPE DES IMPOTS ?

 

David R. Kamerschen, Ph.D, professeur d’Economie à Londres, propose l'exemple de 10 copains d'enfance qui se retrouvent régulièrement dans un pub pour boire 10 € de bière par personne. à chacune de leurs réunions, la facture totale est donc de 100 €. Comme leurs situations personnelles sont très différentes, et que certains sont même au chômage, ils conviennent que chacun contribuera selon ses moyens. Ils partagent donc la facture comme suit :

 

Les 4 premiers (les plus pauvres) ne payent rien.

Le 5ème paye 1 €

Le 6ème paye 3 €

Le 7ème paye 7 €

Le 8ème paye 12 €

Le 9ème paye 18 €

Enfin, le 10ème (le plus riche, trader dans la City sans doute) paye 59 €

 

C'est sur ce principe que sont calculés nos impôts.

 

Cet arrangement semble satisfaire tout le monde, jusqu'au jour où le propriétaire du pub, pour remercier le groupe de sa fidélité, annonce que désormais il leur consentira une réduction de 20%. La facture baisse de 20 €, ils n'ont plus que 80 € à payer.

 

Respectant le principe selon lequel chacun doit contribuer selon ses moyens, ils conviennent d'abord que les 4 premiers continueraient de ne rien payer. Reste donc à répartir la réduction de 20 € entre les six autres. Sachant qu’en divisant la somme par 6 on obtient 3,33 € par personne, adopter une répartition égale signifie que le 5ème et le 6ème recevraient de l'argent chaque fois qu'ils boivent des bières.

 

Le propriétaire du pub, vient à leur secours et propose une répartition qui lui semble équitable :

Le 5ème, comme les 4 premiers, ne paye plus rien (100% d'économie)

Le 6ème paye 2 € au lieu de 3 € (33% d'économie)

Le 7ème paye 5 € au lieu 7 € (28% d'économie)

Le 8ème paye 9  € au lieu de 12 € (25% d'économie)

Le 9ème paye 14 € au lieu de 18 € (22% d'économie)

Enfin, le 10ème paye 49 € au lieu de 59 € (16% d'économie)

 

Chacun paye donc moins qu'avant et le pourcentage de réduction qui lui est affecté est d’autant plus élevé que ses ressources sont plus faibles.

 

Mais en sortant du pub, ce soir là, certains éprouvent le besoin de revenir sur la répartition des 20 € offerts par le pub. Le 5ème  et le 6ème  disent qu’il ne leur revient à chacun qu’un seul euro, alors que dans l’affaire le plus riche gagne dix euros. « C'est vrai » déclare le 7ème « il n'est pas juste que ce soit toujours les riches qui profitent le plus ». Les quatre qui ne payaient rien protestent également : « Ces vingt euros, nous n’en voyons pas la couleur, le système exploite toujours les plus pauvres ».

 

Le 10ème fut-il ce soir-là physiquement malmené ou non ? Toujours est-il que las de ses compagnons, il s'abstint de paraître à la réunion suivante. Les autres burent leurs bières sans lui. Quand la facture arriva (72 €), ils réalisèrent qu'ils n'avaient même pas de quoi payer la moitié de ce montant.

 

La conclusion du professeur Kamerschen est la suivante :

 

« Voilà, Mesdames et Messieurs, journalistes et enseignants, comment fonctionne notre système fiscal. Ceux qui payent le plus d'impôts sont ceux qui retirent le plus d'avantages en cas de réductions. Si on impose trop les gros contribuables, si on les agresse parce qu'ils sont riches, le risque est grand qu’ils remettent en question le plaisir qu’ils prenaient à boire avec les copains. Ils peuvent même décider d'aller boire des bières dans d'autres pays où l'atmosphère est plus amicale.

 

- Pour ceux qui ont compris cette parabole, aucune explication n'est nécessaire.

- Pour ceux qui n'ont pas compris, aucune explication n'est possible.

Que le dernier Anglais qui quittera le pays n'oublie pas d'éteindre la lumière, car il n’y aura plus personne pour payer la facture. »

 

 

 

J’ajoute :

-       Qu’à regarder les choses par le mauvais bout de la lorgnette, on s’expose toujours à quelques désagréments.

-       Que ceux (politiques et journalistes) qui, par démagogie ou par goût du sensationnalisme, entretiennent une façon faussée de voir les choses sont bien méprisables.

Les bonnes et mauvaises nouvelles de la Crise

Dans la même veine que mon billet précédent ,enfin une bonne nouvelle Les Hedges Funds auraient perdu 100 milliards de dollars.

Il faut espérer que ce ne soit pas fini et que les plus exposés d'entre eux soient définitivement expulsés du marché. Il y a une morale à cela: ce ne seront pas les petits porteurs qui paieront directement (*) cette addition. En effet ces fonds s'adressent à des investisseurs qui peuvent y placer un minimum d'1 millions de dollars et une bonne partie de leur activité se fait pour compte propre des gérants, lesquels ont empoché des sommes colossales en commission de gestion et participation aux performances du fonds. Donc pas de pitié! Au pire on les retrouvera coulant des jours heureux à Monaco, Dubaï ou aux Bahamas assis sur la fortune qu'ils ont mise de côté dans des paradis fiscaux.

(*) Pas directement. Malheureusement deux points sont à prendre en compte qui pénalisent néanmoins les petits porteurs et qui sont une mauvaise nouvelle.

Le premier, comme je l'expliquait il y a quelques jours vient du fait que les hedges funds n'ont plus accès au crédit  - et ça c'est tant mieux- pour faire effet de levier, voire même pour assurer leur trésorerie; ils sont donc obligés de vendre à tout va pour se procurer les liquidités dont ils ont besoin pour rembourser ceux des investisseurs qui veulent "sortir" et récupérer un tant soit peu leur mise. Cela explique les plongeons vertigineux des valeurs boursières actuellement. En effet la technique du hedging consiste à "couvrir" des investissements spéculatifs par l'achat de valeurs contra-cycliques. Beaucoup de ces "couvertures" portent sur les grandes valeurs ayant un marché suffisamment large et profond pour ne pas risquer de ne trouver aucun acheteur le moment venu. Et bien sûr, en plus, on vend ce qui a le moins perdu (enfin façon de parler!). Ne cherchez donc pas dans les commentaires des journalistes incompétents qui tentent d'expliquer par des analyses économiques aussi alambiquées que vaines, les massacres dont sont victimes les grandes valeurs boursières: le tir aux pigeons (!!!) vient des ventes massives des hedges funds; et il y a environ 2.000 milliards de dollars à éponger! Donc ce n'est pas fini. Et pendant ce temps-là le petit porteur se morfond et ne croit même plus à l'adage: pas vendu pas perdu. Il devra sécher ses larmes encore de longs mois.

Le second point est plus trivial. Parmi les gros investisseurs qui ont placé des fonds dans le Hedges Funds figurent nos banques, nos assureurs, nos caisses de retraites et tant d'autres organismes de la sorte qui normalement doivent protéger les fonds que vous leur aviez confiés. C'est qu'aux beaux temps une pincée de placement dans ces Hedges Funds leur permettaient d'afficher sur des produits d'épargne apparemment sûrs, des performances toujours plus alléchantes pour le client lambda que nous sommes. Or vous savez ce que c'est quand on met un doigt dans la confiture, on a tendance à en mettre deux et puis trois et puis la main.., du coup la pincée est devenue poignée puis brassée.

Et voilà comment nous allons subir des pertes auxquelles on ne s'attendait pas!

Enfin il faut être optimiste, c'est mon choix! La sélection naturelle est à l'oeuvre: les édifices mirobolants érigés par les Paganini de la finance sont en train de tomber ça c'est la bonne nouvelle.

la crise: je persiste et signe!

Boom rechute aujourd'hui. Pas étonnant: dès que les cours reprennent un tant soit peu, les hedges funds, les traders collés et les spéculateurs de tous poils se précipitent pour se faire des liquidités dont ils manquent chaque jour un peu plus en vendant à tour de bras. Si les grandes banques suivent les instructions qu'elles ont reçues des pouvoirs publics, elles ne vont pas franchement se précipiter à prêter à ces acteurs des marchés - enfin pendant un certain temps et dans la mesure où les chutes de ces fonds d'investissements ne leur seront pas trop dommageable. Or il y a des milliers de milliards de dollars dans le circuit, alors avant que les tuyaux soient purgés.... on n'a pas fini de voir les marchés faire les montagnes russes!

Pendant ce temps-là la valeur des entreprises cotées n'a plus de sens. Un exemple caricatural (que vous pouvez contrôler sur Boursier.com ). Voil une société dont le cours de bourse est égal au dividende qui sera distribué! Sa valeur bousière est inférieure à ses liquidités! Encore un exemple: Carrefour vaut en bourse aujourd'hui un peu moins de 19 milliards or rien que ses immeubles et sa trésorerie en valent plus de 20! Et si vous vous intéressez à la chose prenez le temps d'éplucher les cours et faites le calcul. En tout cas je peux vous dire que Warren Buffet lui s'en donne à cœur joie.

Or rappelez-vous je critiquais il n'y a pas longtemps la pratique du "mark to market" qui oblige les entrepises - et les banques en particulier-  à inscrire leurs participations à leur cours de bourse! On marche sur la tête!

 

Il faut démissionner Nicole El Karaoui

Les marchés ont l'air de prendre un petit répit, alors profitons-en pour aller un peu plus loin que les médias traditionnels ( enfin ceux que je lis !).

La crise financière a pour origine, nous a t'on dit, la baisse des prix de l'immobilier et la remontée des taux aux USA qui ont grippé le système de financement mis en place pour permettre à des ménages impécunieux d'accéder à la propriété. L'occurence simultanée de ces deux événements a transformé les "produits financiers" qui permettaient au système de fonctionner en produits pourris, viraux. Comme les banques, hedges funds, investisseurs institutionnels s'en étaient gavés en raison de leur forte rentabilité, le monde de la finance s'est réveillé brusquement avec des bilans vérolés jusqu'à la moelle.

Dont acte. 

Mais je voudrais attirer l'attention de mes honorables lecteurs sur ce que je considère comme l'une des racines plus profonde quoique moins médiatisée de l'infortune des établissements financiers.

Je veux parler des "Quants" et de celle qui les a fabriqués. Qui sont les "Quants"? Ce sont de très brillants jeunes gens formés par Nicole El Karaoui. Les banques se les arrach(ai)ent. Pour en savoir un peu plus sur ces docteurs Nimbus de la Finance lisez l'article ici. Car ce sont eux qui ont conçu ces fameux produits dérivés qui ont servi à refinancer les crédits "subprimes" en particulier.

Or normalement il ne devait pas y avoir de problème puisque justement les travaux de Nicole El Karaoui et ses enseignements ( facturés 10.000€ l'an) ont pour but affiché de réduire le risque pris par les investisseurs sur les marchés. On peut lire dans un très instructif article du Monde du 16 mai 2006 (que je ne peux mettre en lien car il s'agit d'une archive en PDF):

Elle modélise le mouvement des actions dans le futur, pour diminuer le risque pris par les investisseurs. Des modèles purement mathématiques, qui ne prennent pas en compte le contexte économique, grâce au calcul différentiel stochastique.Aussi beau qu’une sonate.

On a plutôt envie d'écrire: "triste comme un Requiem"! Vous vous rendez compte!  Prétendre créer, gérer, dénouer des produits de marché sans prendre en compte le contexte économique!

Il n'est pas besoin d'avoir fait Polytechnique comme madame El Karaoui pour comprendre où le bât blesse!  Lorsque l'on ambitionne de gérer les mouvements de marché en ne prenant pas en compte le contexte économique il n'est pas anormal de se faire prendre en écharpe par ce dernier. Certains ont voulu dire ces temps derniers que l'expression "économie virtuelle" n'a pas de sens! Bon ça les regarde!

Il se trouve que j'étais assez concerné par ces élucubrations lorsque j'étais en poste en Corée au moment de la crise asiatique ( 1996/97) car nous avions commencé à utiliser les mathématiques financières (balbutiantes il est vrai ). Bien sûr ce n'étaient pas des quants qui les utilisaient mais il n'empêche que j'ai constaté que nous n'utilisions pas les modèles totalement: nous resserrions les bornes des variations de cours ou bien nous négligions les scénarios qui nous semblaient "déraisonnables". Et surtout, nous les managers, nous ne comprenions que le principe de ces modèles mathématiques pas leur détail. En même temps quand ça a soufflé très fort, on a pris des décisions "à l'ancienne", en tenant vachement compte du contexte économique et on s'en est sorti sans trop de bobo!

Alors qui doit démissionner? Charles Milhaud? . Peut-être pas! Je serais moins tolérant avec Richard Fuld qu'avec Charles Milhaud parce qu'il avait clairement plus conscience de ce qu'il faisait. Mais en tout cas il faut demander des comptes à Nicole El Karaoui et dégrader les quants en leur proposant une mutation aux archives!

Sauf qu' écrire, dire cela n'est pas, pour un politique, à la hauteur de la situation!On ne va quand même pas donner en pature à la presse une universitaire qui fait la réputation de la France dans le monde de la finance internationale et dont personne ne comprend les travaux! Allez expliquer ça au 20 heures!

Heureusement un jour peut-être on aura une meilleure connaissance des théories de Daniel Kahneman Prix Nobel d'économie  en 2002 qui fondent l'économie comportementaliste en laquelle je serais enclin à faire plus confiance car justement elle réintroduit les comportements humains dans les modèles économiques : est-ce vraiement trop demander?

 

 

 

Notes  1 - 10 /120