La réglementation émotionnelle
Il y a tellement à dire en ces moments d'effervescence que la crise multiplie que je n'en écris plus rien. Chaque fois qu'un sujet m'intéresse un autre est soulevé qui m'intéresse également et comme je ne veux pas me mettre le foie en bouillie, je passe.
Mais là j'ai deux minutes alors je vais écrire un peu.
On va légiférer sur les stock-options et probablement également sur les rémunérations des dirigeants d'entreprises ayant reçu des aides de l'État.Certains, toujours prompts à enfourcher les causes populistes ( Bayrou, Hollande pour n'en citer que deux que j'ai pris sur le fait à la radio!), veulent même étendre l'effet de la loi à toutes les entreprises...
Je considère cela idiot (étymologie: personne sans idées, sans connaissances, sans intelligence: c'est tout à fait adpaté).
Rappelons que les stock-options ont été créées aux USA avec l'objectif de permettre à des entreprises voulant attirer des talents mais n'ayant pas de quoi leur payer un salaire "dans le marché" de promettre aux candidats de s'enrichir à la mesure de l'augmentation de valeur de la société.
Cette démarche est très saine. Beaucoup de talents n'ont pas les fonds nécessaires au lancement d'une activité mais ont une âme d'entrepreneur et croient suffisamment à leur talent pour prendre un risque sur leur rémunération qu'ils auraient bien volontiers pris sur leurs capitaux propres s'ils les avaient eus. On pourrait même extrapoler le raisonnement aux dirigeants salariés des grands groupes. En effet ils méritent d'être dirigés par des gens ayant de grands talents. Or ces derniers n'ont jamais les moyens de prendre une participation suffisante dans le capital de ces groupes pour qu'on puisse dire qu'ils bénéficieraient justement de la valorisation des entreprises qu'ils dirigent. Dans ce cas reconnaitre cela en attribuant des stock-options me semble judicieux.
On se souviendra que, en France, le régime fiscal des stock-options a été mis en place par Dominique Strauss-Khan, étendu par Laurent Fabius aux grands groupes ( je m'étrangle!) et qu'il a fallu attendre Balladur pour les encadrer un tout petit peu! Voila pour l'exposé.Sauf que, comme disait ma vénérée maman dont le bon sens tenait très avantageusement lieu de culture économique, "de tout mais avec modération".
C'est bien l'expansion, l'extension - appelez ça comme vous voudrez: l'excès - de ce produit qui est critiquable; son usage abusif. Et pourquoi son usage est-il devenu abusif? Tout simplement parce que "légalement" on pouvait le faire! Mais comme dirait l'autre " ce n'est pas parce que c'est légal que c'est moral".
Toute réglementation est en effet la création d'un territoire légal mais pas nécessairement moral. On court vers les mêmes idioties. On va faire le chemin inverse c'est tout.
Dommage car se posera toujours la question légitime et morale de rémunérer les talents dans les start-ups et les dirigeants méritants non propriétaires de l'entreprise qu'ils dirigent et dont l'activité la valorise.



