La réglementation émotionnelle

 Il y a tellement à dire en ces moments d'effervescence que la crise multiplie que je n'en écris plus rien. Chaque fois qu'un sujet m'intéresse un autre est soulevé qui m'intéresse également et comme je ne veux pas me mettre le foie en bouillie, je passe.

Mais là j'ai deux minutes alors je vais écrire un peu.

On va légiférer sur les stock-options et probablement également sur les rémunérations des dirigeants d'entreprises ayant reçu des aides de l'État.Certains, toujours prompts à enfourcher les causes populistes ( Bayrou, Hollande pour n'en citer que deux que j'ai pris sur le fait à la radio!), veulent même étendre l'effet de la loi à toutes les entreprises...

Je considère cela idiot (étymologie: personne sans idées, sans connaissances, sans intelligence: c'est tout à fait adpaté).

Rappelons que les stock-options ont été créées aux USA avec l'objectif de permettre à des entreprises voulant attirer des talents mais n'ayant pas de quoi leur payer un salaire "dans le marché" de promettre aux candidats de s'enrichir à la mesure de l'augmentation de valeur de la société.

Cette démarche est très saine. Beaucoup de talents n'ont pas les fonds nécessaires au lancement d'une activité mais ont une âme d'entrepreneur et croient suffisamment à leur talent pour prendre un risque sur leur rémunération qu'ils auraient bien volontiers pris sur leurs capitaux propres s'ils les avaient eus. On pourrait même extrapoler le raisonnement aux dirigeants salariés des grands groupes. En effet ils méritent d'être dirigés par des gens ayant de grands talents. Or ces derniers n'ont jamais les moyens de prendre une participation suffisante dans le capital de ces groupes pour qu'on puisse dire qu'ils bénéficieraient justement de la valorisation des entreprises qu'ils dirigent. Dans ce cas reconnaitre cela en attribuant des stock-options me semble judicieux.

On se souviendra que, en France, le régime fiscal des stock-options a été mis en place par Dominique Strauss-Khan, étendu par Laurent Fabius aux grands groupes ( je m'étrangle!) et qu'il a fallu attendre Balladur pour les encadrer un tout petit peu!  Voila pour l'exposé.

Sauf que, comme disait ma vénérée maman dont le bon sens tenait très avantageusement lieu de culture économique, "de tout mais avec modération".

C'est bien l'expansion, l'extension - appelez ça comme vous voudrez: l'excès - de ce produit qui est critiquable; son usage abusif. Et pourquoi son usage est-il devenu abusif? Tout simplement parce que "légalement" on pouvait le faire! Mais comme dirait l'autre " ce n'est pas parce que c'est légal que c'est moral".

Toute réglementation est en effet la création d'un territoire légal mais pas nécessairement moral. On court vers les mêmes idioties. On va faire le chemin inverse c'est tout. 

Dommage car se posera toujours la question légitime et morale de rémunérer les talents  dans les start-ups et les dirigeants méritants non propriétaires de l'entreprise qu'ils dirigent et dont l'activité la valorise. 

 

 

 

Le tout était d'y être a dit Ségolène Royal

Chers lecteurs je vous avais un peu délaissé, par flemme!

Mais là j'ai un petit truc en plaqué or à vous communiquer. 

La vie de notre personnel politique réclame parfois une abnégation louable ou dérisoire c'est selon.

En suivant ce lien vous découvrirez Ségolène Royal assistant aux cérémonies d'investiture d'Obama:

Ne soyez pas trop pressés, il faut un certain temps pour que s'affichent les petites photos en bas et si vous ne trouvez pas la petite photo en bas tapez "Ségolène Royal" dans le moteur de recherche.

Je dois dire que je ne l'ai pas reconnue et je fais confiance au tag qui centre la photo sur un groupe de personnes et qui suggère que la dame au chapeau et au manteau rouge serait bien la Dame du Poitou. Si l'on en juge par sa position, rendons-lui le fait qu'elle n'était pas loin du Président Obama. Non elle n'était pas dans la populace!

Mais je comprends qu'elle ait eu besoin, le soir venu, de demander l'hospitalité à l'Ambassade de France, car elle devait être gelée et avoir les pieds en marmelade. Presque une réfugiée!

Bon elle pourra dire :"J'y étais" , moi pas!

 

Comment comprendre l'impôt sur le revenu

Je rapporte ici une "petite histoire drôle" qui circule depuis bien longtemps et que beaucoup d'entre vous doivent connaître. Mais en ces jours de très fortes turbulences des économies mondiales il est certain que nous allons entendre les politiques dirent tout et n'importe quoi, sans vergogne tant il est vrai que la politique est souvent cynique, souvent populiste, rarement fine. C'est dans ces moments-là qu'il faut revenir - comme lorsqu'on est mal parti dans un match de rugby - aux fondamentaux.

Voici donc cette petite histoire:

COMMENT EXPLIQUER LE PRINCIPE DES IMPOTS ?

 

David R. Kamerschen, Ph.D, professeur d’Economie à Londres, propose l'exemple de 10 copains d'enfance qui se retrouvent régulièrement dans un pub pour boire 10 € de bière par personne. à chacune de leurs réunions, la facture totale est donc de 100 €. Comme leurs situations personnelles sont très différentes, et que certains sont même au chômage, ils conviennent que chacun contribuera selon ses moyens. Ils partagent donc la facture comme suit :

 

Les 4 premiers (les plus pauvres) ne payent rien.

Le 5ème paye 1 €

Le 6ème paye 3 €

Le 7ème paye 7 €

Le 8ème paye 12 €

Le 9ème paye 18 €

Enfin, le 10ème (le plus riche, trader dans la City sans doute) paye 59 €

 

C'est sur ce principe que sont calculés nos impôts.

 

Cet arrangement semble satisfaire tout le monde, jusqu'au jour où le propriétaire du pub, pour remercier le groupe de sa fidélité, annonce que désormais il leur consentira une réduction de 20%. La facture baisse de 20 €, ils n'ont plus que 80 € à payer.

 

Respectant le principe selon lequel chacun doit contribuer selon ses moyens, ils conviennent d'abord que les 4 premiers continueraient de ne rien payer. Reste donc à répartir la réduction de 20 € entre les six autres. Sachant qu’en divisant la somme par 6 on obtient 3,33 € par personne, adopter une répartition égale signifie que le 5ème et le 6ème recevraient de l'argent chaque fois qu'ils boivent des bières.

 

Le propriétaire du pub, vient à leur secours et propose une répartition qui lui semble équitable :

Le 5ème, comme les 4 premiers, ne paye plus rien (100% d'économie)

Le 6ème paye 2 € au lieu de 3 € (33% d'économie)

Le 7ème paye 5 € au lieu 7 € (28% d'économie)

Le 8ème paye 9  € au lieu de 12 € (25% d'économie)

Le 9ème paye 14 € au lieu de 18 € (22% d'économie)

Enfin, le 10ème paye 49 € au lieu de 59 € (16% d'économie)

 

Chacun paye donc moins qu'avant et le pourcentage de réduction qui lui est affecté est d’autant plus élevé que ses ressources sont plus faibles.

 

Mais en sortant du pub, ce soir là, certains éprouvent le besoin de revenir sur la répartition des 20 € offerts par le pub. Le 5ème  et le 6ème  disent qu’il ne leur revient à chacun qu’un seul euro, alors que dans l’affaire le plus riche gagne dix euros. « C'est vrai » déclare le 7ème « il n'est pas juste que ce soit toujours les riches qui profitent le plus ». Les quatre qui ne payaient rien protestent également : « Ces vingt euros, nous n’en voyons pas la couleur, le système exploite toujours les plus pauvres ».

 

Le 10ème fut-il ce soir-là physiquement malmené ou non ? Toujours est-il que las de ses compagnons, il s'abstint de paraître à la réunion suivante. Les autres burent leurs bières sans lui. Quand la facture arriva (72 €), ils réalisèrent qu'ils n'avaient même pas de quoi payer la moitié de ce montant.

 

La conclusion du professeur Kamerschen est la suivante :

 

« Voilà, Mesdames et Messieurs, journalistes et enseignants, comment fonctionne notre système fiscal. Ceux qui payent le plus d'impôts sont ceux qui retirent le plus d'avantages en cas de réductions. Si on impose trop les gros contribuables, si on les agresse parce qu'ils sont riches, le risque est grand qu’ils remettent en question le plaisir qu’ils prenaient à boire avec les copains. Ils peuvent même décider d'aller boire des bières dans d'autres pays où l'atmosphère est plus amicale.

 

- Pour ceux qui ont compris cette parabole, aucune explication n'est nécessaire.

- Pour ceux qui n'ont pas compris, aucune explication n'est possible.

Que le dernier Anglais qui quittera le pays n'oublie pas d'éteindre la lumière, car il n’y aura plus personne pour payer la facture. »

 

 

 

J’ajoute :

-       Qu’à regarder les choses par le mauvais bout de la lorgnette, on s’expose toujours à quelques désagréments.

-       Que ceux (politiques et journalistes) qui, par démagogie ou par goût du sensationnalisme, entretiennent une façon faussée de voir les choses sont bien méprisables.

Les bonnes et mauvaises nouvelles de la Crise

Dans la même veine que mon billet précédent ,enfin une bonne nouvelle Les Hedges Funds auraient perdu 100 milliards de dollars.

Il faut espérer que ce ne soit pas fini et que les plus exposés d'entre eux soient définitivement expulsés du marché. Il y a une morale à cela: ce ne seront pas les petits porteurs qui paieront directement (*) cette addition. En effet ces fonds s'adressent à des investisseurs qui peuvent y placer un minimum d'1 millions de dollars et une bonne partie de leur activité se fait pour compte propre des gérants, lesquels ont empoché des sommes colossales en commission de gestion et participation aux performances du fonds. Donc pas de pitié! Au pire on les retrouvera coulant des jours heureux à Monaco, Dubaï ou aux Bahamas assis sur la fortune qu'ils ont mise de côté dans des paradis fiscaux.

(*) Pas directement. Malheureusement deux points sont à prendre en compte qui pénalisent néanmoins les petits porteurs et qui sont une mauvaise nouvelle.

Le premier, comme je l'expliquait il y a quelques jours vient du fait que les hedges funds n'ont plus accès au crédit  - et ça c'est tant mieux- pour faire effet de levier, voire même pour assurer leur trésorerie; ils sont donc obligés de vendre à tout va pour se procurer les liquidités dont ils ont besoin pour rembourser ceux des investisseurs qui veulent "sortir" et récupérer un tant soit peu leur mise. Cela explique les plongeons vertigineux des valeurs boursières actuellement. En effet la technique du hedging consiste à "couvrir" des investissements spéculatifs par l'achat de valeurs contra-cycliques. Beaucoup de ces "couvertures" portent sur les grandes valeurs ayant un marché suffisamment large et profond pour ne pas risquer de ne trouver aucun acheteur le moment venu. Et bien sûr, en plus, on vend ce qui a le moins perdu (enfin façon de parler!). Ne cherchez donc pas dans les commentaires des journalistes incompétents qui tentent d'expliquer par des analyses économiques aussi alambiquées que vaines, les massacres dont sont victimes les grandes valeurs boursières: le tir aux pigeons (!!!) vient des ventes massives des hedges funds; et il y a environ 2.000 milliards de dollars à éponger! Donc ce n'est pas fini. Et pendant ce temps-là le petit porteur se morfond et ne croit même plus à l'adage: pas vendu pas perdu. Il devra sécher ses larmes encore de longs mois.

Le second point est plus trivial. Parmi les gros investisseurs qui ont placé des fonds dans le Hedges Funds figurent nos banques, nos assureurs, nos caisses de retraites et tant d'autres organismes de la sorte qui normalement doivent protéger les fonds que vous leur aviez confiés. C'est qu'aux beaux temps une pincée de placement dans ces Hedges Funds leur permettaient d'afficher sur des produits d'épargne apparemment sûrs, des performances toujours plus alléchantes pour le client lambda que nous sommes. Or vous savez ce que c'est quand on met un doigt dans la confiture, on a tendance à en mettre deux et puis trois et puis la main.., du coup la pincée est devenue poignée puis brassée.

Et voilà comment nous allons subir des pertes auxquelles on ne s'attendait pas!

Enfin il faut être optimiste, c'est mon choix! La sélection naturelle est à l'oeuvre: les édifices mirobolants érigés par les Paganini de la finance sont en train de tomber ça c'est la bonne nouvelle.

la crise: je persiste et signe!

Boom rechute aujourd'hui. Pas étonnant: dès que les cours reprennent un tant soit peu, les hedges funds, les traders collés et les spéculateurs de tous poils se précipitent pour se faire des liquidités dont ils manquent chaque jour un peu plus en vendant à tour de bras. Si les grandes banques suivent les instructions qu'elles ont reçues des pouvoirs publics, elles ne vont pas franchement se précipiter à prêter à ces acteurs des marchés - enfin pendant un certain temps et dans la mesure où les chutes de ces fonds d'investissements ne leur seront pas trop dommageable. Or il y a des milliers de milliards de dollars dans le circuit, alors avant que les tuyaux soient purgés.... on n'a pas fini de voir les marchés faire les montagnes russes!

Pendant ce temps-là la valeur des entreprises cotées n'a plus de sens. Un exemple caricatural (que vous pouvez contrôler sur Boursier.com ). Voil une société dont le cours de bourse est égal au dividende qui sera distribué! Sa valeur bousière est inférieure à ses liquidités! Encore un exemple: Carrefour vaut en bourse aujourd'hui un peu moins de 19 milliards or rien que ses immeubles et sa trésorerie en valent plus de 20! Et si vous vous intéressez à la chose prenez le temps d'éplucher les cours et faites le calcul. En tout cas je peux vous dire que Warren Buffet lui s'en donne à cœur joie.

Or rappelez-vous je critiquais il n'y a pas longtemps la pratique du "mark to market" qui oblige les entrepises - et les banques en particulier-  à inscrire leurs participations à leur cours de bourse! On marche sur la tête!

 

Il faut démissionner Nicole El Karaoui

Les marchés ont l'air de prendre un petit répit, alors profitons-en pour aller un peu plus loin que les médias traditionnels ( enfin ceux que je lis !).

La crise financière a pour origine, nous a t'on dit, la baisse des prix de l'immobilier et la remontée des taux aux USA qui ont grippé le système de financement mis en place pour permettre à des ménages impécunieux d'accéder à la propriété. L'occurence simultanée de ces deux événements a transformé les "produits financiers" qui permettaient au système de fonctionner en produits pourris, viraux. Comme les banques, hedges funds, investisseurs institutionnels s'en étaient gavés en raison de leur forte rentabilité, le monde de la finance s'est réveillé brusquement avec des bilans vérolés jusqu'à la moelle.

Dont acte. 

Mais je voudrais attirer l'attention de mes honorables lecteurs sur ce que je considère comme l'une des racines plus profonde quoique moins médiatisée de l'infortune des établissements financiers.

Je veux parler des "Quants" et de celle qui les a fabriqués. Qui sont les "Quants"? Ce sont de très brillants jeunes gens formés par Nicole El Karaoui. Les banques se les arrach(ai)ent. Pour en savoir un peu plus sur ces docteurs Nimbus de la Finance lisez l'article ici. Car ce sont eux qui ont conçu ces fameux produits dérivés qui ont servi à refinancer les crédits "subprimes" en particulier.

Or normalement il ne devait pas y avoir de problème puisque justement les travaux de Nicole El Karaoui et ses enseignements ( facturés 10.000€ l'an) ont pour but affiché de réduire le risque pris par les investisseurs sur les marchés. On peut lire dans un très instructif article du Monde du 16 mai 2006 (que je ne peux mettre en lien car il s'agit d'une archive en PDF):

Elle modélise le mouvement des actions dans le futur, pour diminuer le risque pris par les investisseurs. Des modèles purement mathématiques, qui ne prennent pas en compte le contexte économique, grâce au calcul différentiel stochastique.Aussi beau qu’une sonate.

On a plutôt envie d'écrire: "triste comme un Requiem"! Vous vous rendez compte!  Prétendre créer, gérer, dénouer des produits de marché sans prendre en compte le contexte économique!

Il n'est pas besoin d'avoir fait Polytechnique comme madame El Karaoui pour comprendre où le bât blesse!  Lorsque l'on ambitionne de gérer les mouvements de marché en ne prenant pas en compte le contexte économique il n'est pas anormal de se faire prendre en écharpe par ce dernier. Certains ont voulu dire ces temps derniers que l'expression "économie virtuelle" n'a pas de sens! Bon ça les regarde!

Il se trouve que j'étais assez concerné par ces élucubrations lorsque j'étais en poste en Corée au moment de la crise asiatique ( 1996/97) car nous avions commencé à utiliser les mathématiques financières (balbutiantes il est vrai ). Bien sûr ce n'étaient pas des quants qui les utilisaient mais il n'empêche que j'ai constaté que nous n'utilisions pas les modèles totalement: nous resserrions les bornes des variations de cours ou bien nous négligions les scénarios qui nous semblaient "déraisonnables". Et surtout, nous les managers, nous ne comprenions que le principe de ces modèles mathématiques pas leur détail. En même temps quand ça a soufflé très fort, on a pris des décisions "à l'ancienne", en tenant vachement compte du contexte économique et on s'en est sorti sans trop de bobo!

Alors qui doit démissionner? Charles Milhaud? . Peut-être pas! Je serais moins tolérant avec Richard Fuld qu'avec Charles Milhaud parce qu'il avait clairement plus conscience de ce qu'il faisait. Mais en tout cas il faut demander des comptes à Nicole El Karaoui et dégrader les quants en leur proposant une mutation aux archives!

Sauf qu' écrire, dire cela n'est pas, pour un politique, à la hauteur de la situation!On ne va quand même pas donner en pature à la presse une universitaire qui fait la réputation de la France dans le monde de la finance internationale et dont personne ne comprend les travaux! Allez expliquer ça au 20 heures!

Heureusement un jour peut-être on aura une meilleure connaissance des théories de Daniel Kahneman Prix Nobel d'économie  en 2002 qui fondent l'économie comportementaliste en laquelle je serais enclin à faire plus confiance car justement elle réintroduit les comportements humains dans les modèles économiques : est-ce vraiement trop demander?

 

 

 

Les Thomas Diafoirus de la Crise

La sortie de la crise financière est en vue. Je dis bien la sortie, je ne dis pas le règlement de la crise.

Comme on pouvait s'en douter vu la gravité de la situation, les gouvernements s'activent pour éviter ce que la population toute entière craint le plus: un effondrement du système financier.

Après tout cela semble normal: nos gouvernants sont théoriquement élus pour "gérer la cité". Mais moi cela m'inquiète encore plus que s'ils n'avaient rien fait. Certes dans le court terme on peut raisonnablement espérer que l'incendie soit éteint par les déversements par les Banques Centrales de montants phénoménaux de liquidités sur les marchés. On peut même espérer que les Etats-Unis acceptent de gager les impôts des Américains pour racheter les créances aujourd'hui pourries de leurs banques. Parfait! Après tout ce sont eux qui ont fichu le bazar en prêtant inconsidéremment à des emprunteurs insolvables.

Oui mais il y a un énorme mais. Comme à chaque fois qu'on traverse une période dramatique des voix s'élèvent pour crier "plus jamais ça"! Et chacun, qui n'avait pas bougé le petit doigt lorsqu'il en était encore temps, de faire sa proposition pour réglementer, réguler, contraindre, encadrer, réformer, moraliser. Et c'est là que je deviens extrêmement perplexe.

Comment alors qu'ils n'ont rien vu venir peuvent-ils prétendre trouver les solutions pour que cela n'arrive plus? Je ne lui en veux pas personnellement mais Dominique Strauss-Khan, patron du FMI par la grâce de la malignité politique de Nicolas Sarkozy, déclare qu'il veut réformer les marchés . Bonne idée! Mais à part cette déclaration que dit-il? Pas grand chose. Mais il en va de même de tous les ténors politiques du monde entier. Enfin pas tout à fait, les politiques américains plus pragmatiques, se bornent pour l'instant à mettre en place les mesures d'urgence indispensables. Nicolas Sarkozy, que je trouve plutôt pas mal dans son activisme politique voit grand et propose également des mesures "de fond" de type dirigiste et voudrait replacer les gouvernements au centre du monde financier.

Sauf que , toute révérence gardée, je ne crois pas un instant que ces messieurs qui s'attaquent au problème soient les mieux placés pour faire ce qu'ils proposent. Peu d'entre eux comprennent comment fonctionnent les marchés, peu d'entre eux seraient capables d'expliquer ce qu'est un produit dérivé, pire: peu de leurs conseillers le savent. N'oublions pas que les grands patrons des banques de financement, des "hedge funds, des salles de trading auraient parfaitement pu faire carrière dans la politique mais ont préféré la finance parce qu'elle rapportait plus gros et parce qu'ils ont bien compris que le vrai pouvoir était là et pas dans les ministères. Beaucoup d'entre eux manipulent quotidiennement des sommes beaucoup plus importantes que les budgets de nombre d'États de moyenne importance.Il faut une cuillère à long manche pour dîner avec le diable! Sans compter que les marchés sont mondiaux alors que les mesures ne pourront au mieux qu'être inter-étatiques. Il y aura toujours une Irlande, un état des Etats-Unis pour ne pas avoir la même législation que les autres... Et ne parlons pas des délais pour se mettre d'accord et ni de ceux pour mettre en place les mesures, on y sera encore dans dix ans! Bref je ne crois pas que des mesures administratives puissent être prises. Voilà pourquoi je pense que les solutions qui devraient être proposées à la crise actuelle devraient ne pas empêcher la faillite des banques qui en sont responsables. Il y a des moyens pour faire en sorte qu'elles disparaissent sans pour autant faire sauter tout le système. Une sorte de liquidation. Cela devrait être possible. Puisque le gouvernement américain accepte de prendre à sa charge leurs actifs pourris et donc que ce qui reste est "sain",on trouvera toujours un acheteur qui acceptera de le payer son  prix de marché. Ce qui sera perdu représentera la valeur ajoutée s'il y en a une  qui serait revenue aux actionnaires sous forme de dividende ou de plus-value de cession. Normal qu'elle soit perdue.

En effet si on règlemente mais que l'on laisse dans le jeu ceux qui ont mal joué c'est triché!  (Non pas Jean-Claude!) Et cela ne servira à rien car les tricheurs revendront à la première occasion d'autant plus agressifs qu'ils n'auront pas été punis. Finalement c'est ça normalement la "loi du marché": les mauvais joueurs doivent disparaitre. Au poker quand vous avez perdu votre tapis vous partez point barre.

Bon j'dis ça , j'dis rien!

 

Vive la crise 2

J'écrivais sur le sujet il y a quatre jours  en me posant la question de savoir ce que feraient les Etats-Unis pour éteindre l'incendie allumé par les financiers sorciers.

Nous le savons maintenant et je trouve les mesures prises par le Trésor américain plutôt opportunes.

1/ Il n' a pas laissé AIG faire faillite pour cantonner le problème dans les limites du domaine où il était né: les crédits pourris immobiliers. Bien sûr AIG n'est pas innocent dans l'ampleur prise par la crise puisque ce groupe a participé à la "bonification" de ces titres pourris. ll y aurait du reste beaucoup à dire sur la culpabilité des assureurs et des agences de notation qui sont à mettre dans le même panier que les financiers mais je ne m'étendrai pas sur ce sujet aujourd'hui. Mais au point où on en était c'est une bonne chose.

2/ Il propose de placer tous les actifs liés à l'immobilier dans une structure ad hoc et de se donner le temps de les remettre dans le marché au fur et à mesure de la capacité de celui-ci à les absorber.  En fait l'opération  va couter extrêmement cher au contribuable américain ( entre 500 et 1.000 milliards de dollars d'après Henri Paulson le directeur du Trésor américain), mais ce coût est à relativiser car ces actifs qui n'ont aucune valeur aujourd'hui en auront sûrement une demain - rappelons-nous en France l'affaire d'Executive Life qui a fait la fortune de Franços Pinaud.Donc cela me semble également une bonne mesure.

3/ Les organismes financiers qui verront leur bilan assaini par ces mesures n'en sortent pas quitte pour autant. Leur valeur boursière va rester un moment suffisamment basse pour que de grandes opérations de fusion aient lieu. Dans ces manoeuvres un grand nombre des têtes d'oeuf qui sont reponsables de la panique actuelle feront leurs cartons et iront sévir ailleurs. Je ne suis pas sûr que tous auront le talent de rebondir comme l'a fait  Michael Milken; pour dire vrai j'espère même que la plupart ne feront plus jamais parler d'eux. Ce sera dur pour beaucoup des complices volontaires ou non de ce qu'il faut bien qualifier d'arnaque et c'est bien ainsi. Cela ne m'arrache aucune larme car ils ont eu le temps d'assurer leurs arrières et peuvent dans le pays de la libre entreprise se reconvertir rapidement.

4/ Je n'ose pas penser aux fortunes qui sont en train de se faire chez ceux qui jouent sur la volatilité. Vous rendez-vous compte que des gens ont gagné de 10 à 25% en un jour (aujourd'hui)  sur les titres aussi "aventureux" que BNPParibas (+ 18,25% ce jour!) ou Dexia (+25,92%!).

5/ Est-ce que tout est fini? Sûrement pas! Il faut maintenant que les régulateurs prennent les mesures qui consolideront les barrages élevés dans l'urgence. Or le diable habite dans les détails. 

Mais il est drôle de lire les journaux avec 24 heures de retard! Il est très édifiant d'écouter les "spécialistes" de tout acabit pérorer à la télévision et faire les doctes! Aucun n'a fait preuve de sang-froid ces derniers jours, aucun n'avait vraiment alerté les populations lorsqu'il en était temps! Aucun n'avait anticipé la mesure du Tésor US pourtant pas si originale que ça puisqu'elle avait déjà été utilisée pour sauver les Caisses d'Epargne américaine il y a quelques années.

Allez restons sur nos conseils d'il y a quatre ou cinq jours: on ne met pas son fric en bourse si on en a besoin sans préavis de plusieurs années. Et on vend quand on a quelque chose d'intéressant à faire mais ni au son du clairon ni au son du canon!

 

Vive la crise!

Le 29 janvier dernier j'ai écrit un billet qui tentait de décoder la crise financière qui du reste n'en était qu'à ses premiers chapitres.

Dans ce billet j'ai fait une prévision un peu hasardeuse puisque je pensais que cette crise serait réglée avant cet automne, mais je viens de relire tout le reste et je suis assez content de mon analyse: qui est en train de sombrer corps et biens? Le secteur financier bien sûr!

Je veux en remettre une couche et au risque de passer pour un bouttefeu (et aussi un revanchard amer) je me réjouis de ce qui arrive! Je devrais pourtant pleurer comme une madeleine car les petites économies qui me restent sont coincées dans les actions d'une grande banque française qui a boulottée celle qui m'employait.

Eh bien non, je fais la fête - enfin presque-. Lehman Brothers est en faillite. C'est de mon point de vue une excellente nouvelle. La prochaine bonne nouvelle devrait être la faillite d'AIG le plus gros assureur du monde ou à peu près. Et pourquoi suis-je si guilleret alors que ces nouvelles entrainent des baisses catastrophiques de la valeur de mes économies? Parce que c'est devenu le seul moyen de faire le ménage dans le monde de la finance et de le ramener vers sa vocation première: soutenir l'industrie et le commerce.

Des hordes entières de traders vont devoir revenir sur Terre. Un bon coup sur le bec! Mauvaise nouvelle pour Aston Martin, LVMH, Ferrari, les joaillers de la Place Vendôme, certains agents immobiliers spécialisés dans les biens d'exception, .... Fini les bonus à 7 chiffres quand tout va bien et au pire les salaires à 6 chiffres quand tout va mal. On va enfin revenir à l'économie réelle. Je me prends même à rêver que les actionnaires ne demandent plus uniquement du 15% de ROI sur leur investissement mais des informations sérieuses sur le produit que fabrique l'entreprise dans laquelle ils investissent ou ses réelles perspectives d'avenir à cinq ou dix ans. Oui je sais je délire un peu! Mais juste un peu.

Actionnaires mes collègues, la seule chose que je vous souhaite c'est d'avoir écouté les plus prudents de vos gestionnaires qui vous disaient qu'un placement en bourse ne doit pas devoir être mobilisé dans l'urgence. Je vous souhaite donc de pouvoir attendre encore un peu, disons jusqu'au printemps prochain. Tout ne sera pas encore remis à plat, mais bébé aura probablement pris l'essentiel de sa purge et il sera gaillard pour reprendre l'inexorable création de richesse qui conduit notre Monde depuis la nuit des temps.

Il est vraiment intéressant d'observer comment les Etats-Unis procéderont. Vont-ils vraiment limiter au raisonnable le principe du "too big to fail"? Vont-ils avoir le courage de faire payer ceux qui ont pris de trop gros risques même s'ils sont puissants? Théoriquement la faillite de Lehman Brothers est un bon signe. 

Terminons sur une phrase éculée mais qui me semble encore très pertinente: une crise est salutaire lorsqu'on en tire des enseignements. Alors Vive la cise!

Course landaise et palombière

Nous avons passé quelques jours bien agréables chez des cousins dans les Landes à la Mi-Août.

Certes il ne faisait pas un temps caniculaire comme souvent dans ce coin à cette date, mais entre autres distractions (faute d'essayer une piscine toute neuve;-) nous avons visité une palombière. Très intéressant. Si l'on veut bien considèrer que les "chasseurs"- une dizaine sur une palombière - passent des mois à entretenir leurs installations (ultra-sophistiquées en matière de bouts de ficelle et de techniques de camouflage à base de fougères et branchages) et les bois alentours pour n'attrapper en une saison qui dure un petit mois qu'une petite centaine de palombes les très bonnes années..., on ne peut que renvoyer à leurs effarouchements hypocrites les écolos urbains et cathodiques. Dix palombes par an et par famille! vous parlez d'un carnage!

Une autre dsitraction fût d'assister à une course landaise, point d'orgue de la fête du 15 Août à Aurice  (cliquez sur le nom pour situer ce village). Je vous en livre quelques moments:

Tout d'abord, pas de course landaise sans un orchestre au répertoire "adapté" et une quadrilla  à la hauteur (y compris avec la relève!).

 

La course landaise c'est beaucoup d'attente pour une fraction de seconde de frisson;

 

Quand je parle de frisson je suis un peu en dessous de la vérité pour les écarteurs: celui-la a pris un bon coup de corne, mais fier est revenu affronter sa vachette:

 

Là c'est plus qu'un coup de corne!

 

Bon, j'ai regretté que l'on ne voit pas plus longuement celui qui écarte sans que la vachette soit contrôlée par le cordier:

 

Mais comme on l'a vu plus haut, le travail du cordier n'empêche pas les coups de corne! Cependant il joue un rôle essentiel dans les courses landaises en permettant des écarts toujours plus impressionnant et ce ne sont que des personnes très expérimentées qui sont cordiers. Celui que vous allez découvrir prenait sa retraite ce jour-là. Est-ce pour cela qu'une vachette ne voulait pas tellement  lui obéir, préférant faire les yeux doux aux enfants!

 

Bien que le son ne soit pas "professionnel" je vous invite à écouter le speaker dont l'essentiel du travail est d'égrener le nom des donateurs qui tout au long de la course augmentent la bourse à partager entre les écarteurs.

C'est là une image de la France "profonde". Profonde dans le sens d'enracinée. Tellement plus profonde que celle des éclats factices des spectacles staracadémisés. Continuez, auriciens et auriciennes et tous ceux du Sud-Ouest qui perpétuez ces valeurs.

 

 

Notes  1 - 10 /116